Dans 40 jours, on saura... ou pas

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Quatre ans et quatre mois sans faire voter le citoyen belge ! Du jamais vu depuis l’interruption imposée par la Seconde Guerre Mondiale… C’est dire si la période politique est tout à fait inédite et si le scrutin du 14 octobre prochain recèle déjà un petit aspect historique.

Nervosité

Chaque période électorale génère sa part de stress. Cette fois s’y ajoute le fait de ne pas avoir eu d’élections intermédiaires pour jauger l’état de l’opinion. Pour la première fois depuis 75 ans, des gouvernements ont également pu déployer toutes leurs panoplies de mesures sans être entravés par des élections intermédiaires, source de tensions entre partenaires de coalition et de paralysie de l’action politique.

Entre 1999 et 2014, le Belge a voté 10 fois. Soit un scrutin tous les 18 mois. Ici, rien pendant 52 mois ! Tout à fait inédit dans notre démocratie. Ce record risque d’être battu rapidement puisqu’en théorie aucun scrutin n’est programmé entre mai 2019 et mai 2024 !!

Il faut ajouter à cela qu’en Belgique, faute de moyens, les médias recourent peu aux sondages. En France, à quelques encablures d’une élection, vous êtes inondés de sondage. Ici, rien si ce n’est les enquêtes commandées en douce par les états-majors de parti.

Tout cela explique que l’on se dirige un peu à l’aveugle vers deux rendez-vous électoraux majeurs et que le premier risque de préfigurer le second. Tensions assurées.

Provinciales

Chaque parti semble avoir intégré que le succès aux prochaines fédérales/régionales/européennes du 26 mai prochain passe par des communales de bonne tenue.

Jusqu’ici, côté francophone, que du classique : Chastel veut poursuivre ( peut-il dire le contraire à ce stade ?), Di Rupo le changement ( peut-il dire le contraire à ce stade ?), ECOLO Défi se veulent équidistants (idem) mais chacun évite de rejeter l’autre. Personne (et certainement pas les principaux concernés) ne remet ainsi en cause par exemple, la coalition PS-MR à la province de Liège, à l’origine de la tornade Publifin.

En Flandre, CD&V et Open-VLD tentent timidement d’enrayer la machine N-VA, prête à une nouvelle razzia d’hôtels de ville. A l’inverse, les nationalistes élargissent les thèmes de la campagne des communales pour s’assurer un tremplin vers le scrutin suivant.

Toutefois, tous auront un œil sur les élections provinciales. Là, pas de listes de cartels. Que des listes de parti. Des élections chimiquement pures, comme on aime à le répéter au CRISP, un véritable sondage à taille réelle sur les préférences politiques de tous les citoyens.

De quoi aussi recréer de nouvelles tensions, crispations pour les sept mois qui séparent les deux rendez-vous électoraux.

 

@PhWalkowiak

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