Crise gouvernementale: jour 2 (à suivre)

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Crise ? Crisette ? Parfum de crise ? Moment difficile ? Péripétie ?

Peu importe. Seule l’issue définira ce moment particulier du gouvernement fédéral N-VA/MR/CD&V/Open-VLD dirigé par Charles Michel depuis le 11 octobre 2014. A ce stade, une seule chose acquise : un deuxième anniversaire agité…

Savoir maîtriser le calendrier

Jean-Luc Dehaene en était passé maître, Guy Verhofstadt et Elio Di Rupo savaient également le gérer. Les deux derniers avaient notamment reporté leur déclaration de rentrée parlementaire, en anticipant le coup, soit pour laisser passer les élections communales (2006, 2012) ou pour se laisser un peu de temps (2013). Charles Michel n’a pas su devancer les difficultés cette année et on peut d’ores et déjà lui conseiller de différer la déclaration de 2018, après les communales (14 octobre).

Le gouvernement fédéral est parti un peu vite en vacances fin juillet, remettant les bases de son budget 2017 à plus tard. Il s’est ensuite quelque peu dispersé à la rentrée où trop peu de réunions budgétaires ont été organisées. Les approximations de calcul ont ensuite plombé l’atmosphère mais surtout, en organisant cette fois, comme dans les plus belles années Leterme, les réunions budgétaires au vu et au su des médias, Charles Michel n’a pas pu éviter la cacophonie et petites phrases de ses vice-premiers. Les divergences entre Didier Reynders et Kris Peeters sur un budget bouclé (ou pas...), lundi sur le trottoir du Lambermont n’auront pas contribué à la sérénité des discussions. Pourtant, lors des exercices précédents, le Premier avait su organiser la discrétion.

Rivalités flamandes

Sans aller jusqu’à dire que Charles Michel s’est mis dans les problèmes tout seul, il paraît assez clair que l’exercice actuel a été à tout le moins mal préparé, en sous estimant peut-être les velléités du CD&V d’engranger " quelque chose " pour satisfaire son aile sociale.

Bart De Wever avait souhaité qu’un gros effort soit réalisé en Sécurité Sociale. Avec près d’un milliard d’économies, la N-VA a obtenu ce qu’elle demandait ; Maggie De Block n’y a rien pu faire malgré ses mises en garde.

Libéraux et chrétiens-démocrates flamands veulent aussi leur " trophée ". Kris Peeters a fait le coup de force, Charles Michel a dû renoncer à se présenter à la Chambre comme annoncé depuis des semaines. On n’avait jamais vu gouvernement bouder une rentrée de la Chambre. Le malaise est profond et même si les partenaires se parlent à nouveau, les problèmes restent les mêmes. Impossible désormais de refuser une taxation au CD&V et d’offrir en corollaire une compensation à l’Open-VLD. Charles Michel devient le démineur de son propre gouvernement. La crise ne passera alors pour une crisette que si elle ne dure pas. Le compte-à-rebours a commencé. La confiance restera de toute façon fragile.

 

@PhWalkowiak

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