Covid : oser préparer l'avenir, malgré tout

Alors que la reprise scolaire s’effectue en ordre dispersé, que chaque établissement gère la nouvelle donne à sa guise et selon ses moyens, que les étudiants du supérieur se morfondent seuls dans l’étroitesse de leur kot face à un écran, l’avenir demeure tout aussi incertain qu’improbable.

Est-il possible de sortir du ça ira mieux… quand ça ira mieux, n’y a-t-il vraiment aucune perspective à proposer ?

Rester crédible, sans fol espoir

Le nouveau gouvernement fédéral, avec l’accord parfois compliqué des entités fédérées, incarne les nouveaux tours de vis que la recrudescence du virus, quasi-record chez nous, a rendus indispensables.

Fermeture des cafés et restaurants, puis des cours dans les auditoires, suivis des écoles et des magasins non-essentiels, confinement des personnes, télétravail obligatoire, la Saint-Nicolas annulée de fait, la panoplie du " quasi-lockdown " a dû être ressortie. Sans que l’on sache où cela nous mènera.

Une reprise scolaire s’organise malgré tout, sans que pourtant le pays soit à nouveau capable de tester les asymptomatiques, de garantir un tracing efficace promis depuis six mois, d’offrir des transports en commun qui ne soient pas bondés ou même de mettre au point un baromètre permettant un suivi strict et scientifique de la situation sanitaire.

Dans ces conditions, offrir des perspectives devient bien hasardeux.

Quelle suite ?

Sous la férule du prof. Vandenbroucke, prière de filer droit et surtout de ne parler que d’une seule voix. Le président du MR a tenté une sortie médiatique sur la réveillon de Noël avant de se faire reprendre par l’ensemble du monde scientifique, politique et médiatique principalement au nord du pays. La bourgmestre de Courcelles a tenté d’imposer le masque aux jeunes enfants (sur base de ?), avant de devoir quelque peu se raviser. L’heure n’est plus à la dissonance stérile et inutile, certes, mais cela n’offre pas pour autant, une réelle perspective.

Là où Sophie Wilmès tentait çà et là d’offrir une petite ouverture, l’heure est à présent à l’incertitude assumée et clinique. On ne sait pas de quoi l’avenir sera fait. Point. Circulez. Revenez-nous voir fin novembre et on verra ce qu’on peut faire pour vous. Mais inutile d’espérer trop grand.

L’incertitude est la seule certitude.

Cela pèse dès lors sur l’ensemble de la décision politique. Le budget 2021 repose sur du sable, impossible d’évaluer l’état de notre économie, de nos entreprises, les toutes petites comme les plus grosses. Des millions travailleurs participent maintenant aux élections sociales, sans savoir si demain ils travailleront toujours.

Plus que jamais, l’avenir est incertain. Mais c’est dès à présent qu’il convient de le préparer. Préserver une lueur.

 

@PhWalkowiak

 

 

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