Court circuit

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La crise des réfugiés craquèle un peu plus la majorité mais elle isole un peu plus la N-VA, mais sans doute cette dernière tient-elle surtout à se démarquer des autres formations. Seul contre tous revient comme un leitmotiv dans discours de Bart De Wever qui a bâti son succès sur ces clivages.

Michel reprend la main

Depuis le début de la crise des migrants, le gouvernement fédéral avait pris bien soin de laisser le seul secrétaire d’Etat gérer ce dossier. Au cœur de l’été, on n’aura finalement entendu que le seul Theo Francken. La N-VA était à la manœuvre.

Mais cette responsabilité politique a aussi ses limites et ce d’autant plus que le président de la N-A prenait des positions assez éloignées de ses partenaires de coalition ou de la déclaration gouvernementale.

Après avoir longtemps temporisé, Charles Michel finissait par recadrer le discours de sa majorité, face aux militants de son parti.

Toujours dans la majorité, Wouter Beke, lui aussi très silencieux jusque-là, dénonce à présent le double discours de la N-VA: on ne peut pas demander aux bourgmestres de prévoir des places d'accueil supplémentaires et, d'autre part, de polariser et d'empoisonner l'opinion publique, en tant que parti. Pour le président du CD&V, qui croire chez son partenaire entre un secrétaire d'Etat à l'Asile qui demande à tous d'organiser des places d'accueil pour les réfugiés alors que son parti est favorable au renvoi des bateaux vers la côte turque !

A cela est venu s’ajouter l’affrontement entre le bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur (PS) et Theo Francken sur le sort à réserver aux candidats à l’asile campant dans le parc Maximilien.

Charles Michel a fini par négocier directement avec Yvan Mayeur, court-circuitant le secrétaire d’Etat N-VA, qui parasite quelque peu toute solution rapide sur l’hébergement de ces migrants.

Communales

Le prochain défi sera en effet de répartir ensuite tous ces candidats réfugiés. Le fédéral entend ouvrir des places d’accueil mais il reste à convaincre les communes. Et comme le soulignait Wouter Beke, avec le double discours des nationalistes, les communes ne se sentent pas soutenues pour créer des places d'accueil. Le bourgmestre d’Anvers (ville la plus peuplée du Royaume) n’a-t-il déjà pas fait savoir qu’il ne pourrait plus accueillir personne ?

PS et MR ont des intérêts communs. Ils ne peuvent se diviser sur l’accueil des réfugiés dans les communes ; ils dirigent ensemble des villes " sensibles " sur la question comme Bruxelles ou Tournai, notamment.

La prochaine échéance électorale sera communale (14 octobre 2018) et il ne vaudrait mieux effectivement que le dossier des réfugiés ne vienne là aussi court-circuiter le débat local.

 

@PhWalkowiak

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