Coronavirus politique : flou, prudence et confusion

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain. Rétropédalage toute dans les divers gouvernements du pays à propos des visites autorisées dans les maisons de repos et de soins (MRS). Au point que finalement, on ignore quand elle sera efficiente ni même si elle le sera effectivement. Le flou absolu plane sur la date du retour à l’école, les rassemblements autres que festival, l’HORECA, etc. Le dernier Conseil National de Sécurité aura amené plus d’incertitudes que de réponses dans une période pourtant troublée. Ajoutez-y un changement de méthode de calcul dans le décompte des victimes, le port du masque toujours aléatoire et la ministre fédérale de la Santé qui se crêpe à nouveau le chignon avec le personnel de santé, l’impression de confusion est complète.

Et finalement, ce Conseil aura apporté plus de questions nouvelles que de réponses.

Chaos en MRS

Sophie Wilmès n’est que son sang-froid et sa détermination à apporter. Pour la presse flamande, c’est loin de suffire.

Chaos total pour Het Laaste Nieuws, Tempête de protestations pour De Standaard, Plus de chaos que de clarté pour De Morgen… la presse écrite du nord est à l’unisson. La décision de Conseil National de Sécurité d’entrouvrir les maisons de repos suscite le tollé illustré par Sophie Wilmès et Jan Jambon ou Wouter Beke. La tutelle sur ces maisons reste du ressort régional mais la responsabilité est bien collective.

Le secteur, qu’on a " oublié " d’associer à la décision est vent debout contre la classe politique déjà rendue responsable d’avoir délaissé ces établissements en début de pandémie pour privilégier les hôpitaux. Désormais, le nombre de morts est plus important dans les MRS que dans les centres hospitaliers au point que la ministre De Block, jamais en retard d’une bourde, songe à revoir la méthode de calcul !!

Face au tollé, les ministres régionaux et la Première font marche arrière. Les visites restent autorisées mais on ignore toujours précisément quand et comment. Des bourgmestres ont décidé de faire barrage.

Déconfinement confus

Comme prévu depuis deux semaines, le début de déconfinement pourrait commencer le lundi 4 mai. Mais si les autorités avancent cette date, elles ignorent à ce stade ce qui va bien pouvoir se passer dans dix-huit jours, ou en tout cas plusieurs scénarios circulent et le citoyen prié d’attendre.

Il y a tout d’abord la volonté du monde patronal et du ministre-président flamand Jan Jambon de relancer à cette date l’économie. Les syndicats freinent. Les Francophones temporisent. Rouvrir les commerces. Lesquels ? Relancer les entreprises. Comment et dans quelles conditions sanitaires ?

Si le Belge retourne peu au prou au turbin, qu’en sera-t-il de ses enfants ?

L’école reste suspendue. Contrairement à la France, elle n’est pas le vecteur prioritaire d’une resocialisation. Sans doute salutaire. Mais personne ne peut dire aux élèves et enseignants de quoi leur avenir sera fait, ni assurer que l’année scolaire apportera quelques nouveaux savoirs, si ce n’est des examens de fin d’année annulés.

Le port du masque reste encore et toujours aussi flou.

Une dernière confusion pour la route : l’été. Les grands rassemblements ne peuvent se dérouler avant le 31 août. Mais qu’est-ce ? Pour les festivals, on voit, mais pour la plage d’Ostende, la communion du petit, le mariage de la grande, le barbecue entre copains, la fête de village, les remises de prix, la kermesse, Pairi Daiza ou le camp scout, etc. prière d’attendre.

Il paraît que l’on attend l’avis des experts, ces désormais confortables gilets pare-balles d’un monde politique qui se cherche.

 

@PhWalkowiak

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