Coronavirus : les écoles, coûte que coûte

Ne demandez pas ce que l’enseignement peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour l’enseignement !

Grave, le ministre flamand de l’éducation, Ben Weyts (N-VA), renvoie ainsi la balle au gouvernement fédéral et singulièrement aux ministres De Croo et Vandenbroucke. Ses homologues, francophone (Caroline Désir, PS) et germanophone (Lydia Klinkenberg, ProDG), ne disent pas autre chose. Tous refusent de voir l’école devenir la nouvelle variable d’ajustement d’un reconfinement qui ne dirait pas son nom. Et pourtant.

Cas d’école

Depuis le début de la pandémie, la Belgique fait partie des rares pays à avoir privilégié l’ouverture des écoles. Parfois aux détours de mesures absurdes, improbables ou technologiquement et socialement discriminatoires. L’école devait rester ouverte, pour le bien-être des enfants mais aussi pour permettre aux parents d’aller continuer de bosser. Coûte que coûte.

Désormais, le gouvernement fédéral identifie l’école comme devenu vecteur premier de la contamination.

Se tourner uniquement vers l’école, c’est un peu facile estime l’épidémiologiste Marius Gilbert tout en reconnaissant les hausses de contamination mais admettant qu’il est difficile de contraindre les citoyens de ne plus voir personne ou d’empêcher les secteurs économiques à forte densité de main-d’œuvre de se mettre brusquement à l’arrêt. Reste l’école. Et l’expert d’avancer : On peut se poser la question de savoir pourquoi fermer les près de 70% d’écoles où il n’y a pas eu de cas. Je pense qu’essayer de renforcer les dispositions dans les écoles là où ça peut l’être, ça peut se justifier.

La réponse des trois ministres va dans ce sens et tente de répondre aux exigences du prof’Vandenbroucke qui leur avait donné pour devoir de week-end, de trouver la parade à la fermeture des écoles tout en enrayant les nouvelles contaminations.

Préserver l’avenir

La réouverture en grand des écoles dès le 19 avril ou partiel de l’Horeca dès le 1er mai reste dans le collimateur des gouvernements du pays. Frank Vandenbroucke ne dit (toujours ?) pas autre chose. Mais la détermination/l’entêtement des ministres des écoles à ne pas fermer celles-ci l’indispose. Les trois ministres souhaitent privilégier la vaccination des enseignants rapidement. Ce n’est pas en vaccinant les enseignants qu’on va limiter les clusters dans les écoles, car ce sont des clusters qui se développent entre les enfants, rétorque le ministre fédéral de la Santé !

Reste cette impression que chacun (parti ou niveau de pouvoir) a désormais ses priorités, à nouveau. Cette fois, s’ajoute une adhésion citoyenne qui se relâche, une campagne de vaccination trop lente (qui se greffe aux échecs politiques des masques-dépistages-traçages) et un télétravail obligatoire devenu çà et là trop anecdotique.

Le bras-de-fer se poursuivra. Surtout, si les mesures de la pandémie viennent infirmer ou perturber les nouvelles résolutions scolaires.

@PhWalkowiak

Sur le même sujet: JT 21/03/2021

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