Coronavirus : la culture, simple variable d'ajustement

Depuis le début de la pandémie, le secteur de la Culture (et tout ce qui s’y apparente, au sens le plus large, de l’événementiel au festif en passant par le folklore) souffre. Pire : cette souffrance semble désormais intégrée, comme inhérente à la gestion même de la crise sanitaire que le monde traverse. Avec quelques nuances locales éparses, la Culture paraît bien la laissée pour compte de l’épidémie de coronavirus. Dans tous les pays, à quelques degrés divers.

Priorités

Partout, la priorité a été de continuer de faire tourner l’économie tant que faire se peut. Les limites à imposer au télétravail, les contaminations des travailleurs, la réduction des déplacements en ont constitué les principales balises. En Belgique, plus que dans les autres pays européens, on a également tenté de sanctuariser l’école, même si dans l’enseignement supérieur, on a "sacrifié" une génération, qui subit les aléas des cours à distance depuis plus d’un an.

Reste alors la culture. A l’exception notable des musées ouverts (une particularité en Europe), à chaque Comité de Concertation ou Conseil National de Sécurité, nos gouvernements ont fait passer ce message "pour vous, ce sera juste après". Pas mieux vendredi dernier. Des spectacles à l’extérieur impossibles à organiser matériellement en mai, des perspectives étriquées et conditionnées pour juin et… rien du tout pour la suite, ces mois de juillet et août généralement denses en activités ! Le secteur a l’impression de se faire balader, notamment par des responsables politiques dont les déclarations matamoresques ne sont suivies d’aucun effet et se trouvent réduits à jouer les Calimero ensuite.

Subsides

La grogne semble principalement fermenter dans les milieux culturels francophones. Face à la détermination d’un axe flamand qui gère politiquement la crise, la Fédération Wallonie-Bruxelles n’est que fétu de paille et la ministre francophone de la Culture ne peut tristement constater qu’elle ne compte pas. La logique qui prévaut semble alors : puisque ce secteur est largement subsidié, que les subsides ont généralement été garantis, il peut patienter. Le calcul est cynique et omet complètement plein de situations humaines très difficiles. De plus, le secteur a besoin de perspectives, pour programmer, organiser à moyen terme, ce que ne permet justement pas la pandémie. Crûment dit : un salon de coiffure peut ouvrir, refermer, rouvrir trois semaines plus tard plus facilement qu’un théâtre. Là aussi est le calcul politique.

Dans ces conditions, la culture devient l’un des derniers espaces qui commencera à déconfiner. Mais l’absence de perspectives risque d’anéantir le peu d’adhésion qu’il restait. Çà et là, une certaine désobéissance civile/culturelle s’organise, avec l’envie de passer outre. Ne plus apparaître comme un aléa, une variable reportée de Comité de Concertation en Comité de Concertation.

Peut-être un véritable stress-test pour les institutions et la décision politique.

@PhWalkowiak

Coronavirus: mesures pour la culture (JT 24/04/2021)

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