Coronavirus: la confiance comme symbole

Sophie Wilmès va demander la confiance ce matin, elle devrait l’obtenir avec l’appui de 10 partis. Ce sera finalement avec 9 sans la N-VA qui se montre très critique. Le Coronavirus balaye tout sur son passage, mais pas tous les clivages politiques. La politique à sa propre logique et pour le coup on peut faire le pari qu’elle est littéralement incompréhensible pour une population dont les priorités sont dans la gestion du quotidien.

Donc la N-VA soutiendra les pouvoirs spéciaux contre le Coronavirus, mais pas la confiance dans un gouvernement. Pour les nationalistes ce n’est pas techniquement indispensable. Et c’est même démocratiquement critiquable car cela engage un gouvernement composé seulement de trois partis, dont seulement un parti francophone, jusqu’en 2024, ou jusqu’à ce qu’une motion de défiance le fasse tomber.

Pour le coup, il faut reconnaître que la N-VA est suivie dans son raisonnement par plusieurs constitutionnalistes. La confiance n’est pas indispensable au pouvoir spéciaux et à la gestion de crise.

Jeux politiques ?

Oui, la N-VA n’a pas entièrement tort, il y a autre chose que la gestion de crise qui se jouait derrière cette confiance. Oui les partis voulaient solder la crise. La laisser derrière eux alors que tout le monde pressent que le monde est en train de changer à une vitesse incroyable. Chacun à leur sauce bien sûr. Ils voulaient solder la crise mais sans abandonner la ligne de fracture issue du 26 mai. Cette fameuse question : avec ou sans la N-VA.

Ces deux lignes s’opposent depuis 10 mois. Elles ont résisté au Coronavirus. Bart de Wever soutenait que face à l’urgence il fallait un gouvernement normal, composé entre autres du PS et de la N-VA et de préférence avec lui comme Premier ministre. Il a été suivi un temps par le PS mais n’a pas réussi à convaincre que face à la crise il fallait changer l’équipe en place. L’échec laissera des traces profondes en Flandre.

L’autre thèse qui s’est imposée, c’est celle d’une majorité de circonstance. D’abord renforcer l’équipe en place avec les pouvoirs spéciaux. Puis, pourquoi pas aller plus loin et voter la confiance ? La N-VA s’est sentie piégée. Résultat, cette semaine, le gouvernement Wilmès, sera soutenu par 9 partis. Soit, la fameuse majorité Vivaldi, l’alliance des quatre familles, plus Defi. Une majorité qui sera minoritaire en Flandre.

Confiance

Oui, autre chose que la santé s’est joué à la rue de la loi. Bart de Wever avait-il besoin de réclamer le 16 et une réforme de l’Etat en pleine crise ? Sans doute que non.

La confiance était-elle indispensable à la gestion de crise ? Sans doute que non.

On pourrait débattre longtemps de ces deux thèses. Mais derrière le droit, il y a le symbole. La confiance. Ce mot, c’est le plus important. Nous avons besoin de confiance dans les autorités. Et comment exiger du citoyen le respect des consignes qui sont à ce point exceptionnelles si le parlement lui-même n’est pas capable d’octroyer la confiance à Sophie Wilmès ?

La confiance de la chambre dans le gouvernement est symboliquement nécessaire, car ce qui nous attend est hors de proportion. La N-VA, même blessée, par l’attitude des francophones, aurait dû s’y ranger. Pour le symbole. Pour la population. En attendant, il n’y aura au bout du compte pas d’union nationale contre le Coronavirus. "Union nationale", deux mots incompatibles dans l’esprit de la N-VA.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK