Coronavirus : l'heure des choix politiques

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La Belgique, comme les autres pays, doit apprendre à présent à gérer l’épidémie de coronavirus et la crise qu’elle provoque dans la durée.

Après avoir nié, puis minimisé, ensuite reconnu l’ampleur, beaucoup tâtonné, pris des mesures pour une durée limitée, le politique doit à présent gérer le moyen terme, offrir des perspectives à une population qui dans sa toute grande majorité "joue le jeu" sans toujours trop bien comprendre où on veut l’emmener. On ne reviendra pas ici sur la saga des masques à propos de l’usage desquels il y a finalement autant d’avis que de spécialistes.

Prolonger le confinement, mais lequel ?

Le monde politique se réfugie désormais derrière des experts dont on a multiplié les groupes de travail. Pare-feu commode. Il est bon et sain de s’entourer, de parier sur l’intelligence collective mais arrive le moment où il faut trancher. C’est l’essence-même de la responsabilité politique et de la légitimité démocratique. Le peuple s’est choisi des représentants pour prendre ce genre de décision délicate et difficile.


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Mais ce qui est déjà sensible ailleurs, le devient encore plus chez nous quand six gouvernements aux approches différentes, dont l’un d’entre eux (le fédéral qui plus est, la vitrine internationale du pays) n’a été rafistolé qu’à la hâte sous la pression des évènements, doivent trancher.

Cela sent à nouveau le compromis, la chèvre et le chou ménagés, la logique des tout petits pas.

Choisir et expliquer

Si la personnalité de Sophie Wilmès fait relatif consensus dans la classe politique francophone, il n’en va pas de même en Flandre. On pourrait presque dire que c’est l’inverse pour Maggie De Block.

Chaque communauté semble s’être désignée le "maillon faible" de la crise du Covid-19. Les velléités de constituer après cet épisode épidémique, une commission parlementaire d’enquête chargée d’établir les responsabilités politiques dans cette affaire, attisent ces méfiances réciproques.

Entre volonté de redémarrage économique des uns et protection sanitaire absolue des autres, il va bien falloir avancer.

Le confinement perdurera jusqu’en mai, avec quelques aménagements. Patrons et syndicats divergent sur la manière et les garanties de relancer l’activité. Sur ce terrain, les politiques avancent donc en terrain miné.

Reste deux des préoccupations majeures du citoyen : les enfants et les vacances.

La fin de l’année scolaire sera bouleversée. C’est acquis. Pour autant, les enfants du primaire et du secondaire retourneront-ils à l’école ?

Comment expliquer en effet à une famille que la gamine de 6 ans doit retourner à l’école alors que son grand frère de 19 ans dans le supérieur doit rester lui, dans sa chambre ? Sans compter la sécurité des enseignants à garantir ou les transports à relancer.

De même, comment ne pas organiser les grands rassemblements des festivals de l’été et autoriser la foule sur les plages de Blankenberge ou Knokke ? On ne parle même pas des déplacements à l’étranger.

C’est l’heure des choix et surtout de la pédagogie politique.

@PhWalkowiak