Communautaire rime avec... Frigidaire

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La question va fatalement revenir dans les dix prochains mois : le communautaire est-il définitivement au frigo dans ce pays ?

L’actuelle majorité fédérale, libéraux et chrétiens-démocrates en tête se targuent à juste titre sans doute, d’avoir contraint la N-VA à oublier ses rêves d’indépendance flamande. Les mauvaises langues ont beau jeu de dire que les nationalistes contrôlent tellement l’espace fédéral, y imposent tellement leurs vues, qu’il n’y a plus besoin de nouvelles revendications communautaires.

Frigo

Avant les élections de 2014, la N-VA avait déjà mis de l’eau dans son vin, disait-on : elle ne voulait plus le confédéralisme tout de suite mais que tous les partis d’une coalition s’engagent dans celui-ci à terme. On connaît la suite. La N-VA s’est rattrapée en imposant ce qu’aucun parti n’avait à son programme : pension à 67 ans, saut d’index, hausse de la TVA, etc. L’électeur était peut-être cocu mais MR, N-VA et Open-VLD obtenaient ainsi un autre type de réforme de l’Etat : " gouverner sans le PS " (©Didier Reynders). Un autre champ politique pouvait s’ouvrir, de nouvelles manières d’agir devenaient désormais possible. Pour Bart De Wever, cela méritait de congeler le communautaire ou plutôt d’intégrer la dimension fédérale dans sa réflexion politique.

Identitaire

Face à une opinion publique flamande rétive à l’idée de l’indépendance et satisfaite des choix économiques et sociaux opérés, la N-VA a déplacé son curseur idéologique, passant d’un nationalisme autonomiste/indépendantiste (type écossais ou catalan) à un nationalisme identitaire conservateur (plus proche in fine du PiS polonais, qui fait partie du même parti européen que la N-VA).

Cette évolution va être vécue comme un renoncement par le mouvement flamand, amenant un début de scission chez les nationalistes avec le départ de deux députés (2016).

La N-VA mènera cette fois une campagne essentiellement identitaire mais ne pourra négliger ses revendications confédéralistes. Avec quelle chance de mieux y aboutir ? Un Michel 2 uniquement socio-économique n’aurait-il pas un goût de trop peu pour le premier parti du pays ?

La négociation d’une nouvelle réforme de l’état nécessite une majorité des 2/3 à la Chambre et la moitié de chaque groupe linguistique. Le PS semble incontournable pour atteindre ces majorités. A ce stade, impossible d’imaginer socialistes et nationalistes à la même table. C’est mort.

La N-VA formulera donc des exigences communautaires impossible à concrétiser. Pourra-t-elle s’en contenter ? Le faire " payer " dans un accord de gouvernement ?

Alors, faites vos jeux : identitaire ? communautaire ? ou Frigidaire ?

 

@PhWalkowiak

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