Communautaire rime avec Frigidaire (épisode 2)

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Le communautaire est-il de retour ?  Même la N-VA semblait en douter au point d’assumer désormais une ligne politique conservatrice identitaire bien plus qu’indépendantiste et nationaliste. Le débat communautaire semblait devoir rester au frigo.

Le coup de pouce du MR

Certains au MR ont découvert que la Belgique est tellement complexe qu’elle est devenue contre-productive voire complètement sclérosée. Wilmès, Defraigne et Bellot pointent notamment la mobilité, l’agriculture, le commerce extérieur ou l’énergie… des compétences largement régionalisées depuis plus de 20 ans ! Il a fallu du temps avant que la pièce ne tombe à moins que ce soit le retour au pouvoir du MR en Wallonie et les majorités différentes qui semblent avoir provoqué le déclic.

Même au MR, Jean-Luc Crucke, régionaliste convaincu, ne voit dans les propositions de ses coreligionnaires que des réflexions de plage liées à l'été un peu chaud (sic). Le président du parti tente de calmer le jeu en renvoyant le débat interne à janvier, en prélude à la campagne électorale. La synthèse ne sera pas facile à opérer pour Charles Michel qui espère toujours bien prolonger son alliance avec la N-VA.

Quand la N-VA prend le MR au mot

Mais le coup de grâce a sans doute été donné par la N-VA, toute heureuse de pouvoir à nouveau agiter le communautaire et de démontrer au mouvement nationaliste flamand qu’elle ne s’est pas embourgeoisée, belgicisée sous les ors de la rue de la Loi.

La réponse des nationalistes est assassine pour les libéraux francophones. Il est regrettable de devoir constater que le MR perd sa confiance en la Wallonie et ses habitants, constate le parti nationaliste (en français). Le MR semble penser que les responsables politiques wallons ne sont pas capables de prendre leurs propres défis à bras-le-corps poursuivent les nationalistes. Dur, dur. Même le PS a rarement été aussi loin. Conclusion pour la N-VA : la seule solution c’est le confédéralisme, avec abandon des garanties pour la minorité francophone.

La N-VA n’acceptera jamais qu’une politique flamande de soins de santé, d’enseignement, de mobilité, d’immigration ou de sécurité soit à l’avenir définie par des socialistes ou communistes wallons.

La messe est dite.

Dans l’état actuel, avec une N-VA à près de 35% des intentions de vote en Flandre, impossible de se passer d’elle pour toute réforme institutionnelle voire même une simple majorité fédérale. Le MR devra s’y plier.

Avec cet épisode, Charles Michel a peut-être gagné quelque chose. Dans ces conditions, le communautaire risque bel et bien de rester à nouveau au frigo. Une nouvelle coalition de droite reste possible même si la N-VA tentera bien de faire payer très cher son nouveau renoncement communautaire.

 

@PhWalkowiak

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