Communales: l'échec de la FGTB

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Cela devait être le " Grand Soir " … cela a finalement tourné au lendemain de veille un peu difficile avec maux de crâne pour certains dirigeants de la FGTB wallonne. Pas de Front Populaire ou de Programme Commun dans les villes ou provinces wallonnes.

Un échec programmé…

Si tant Robert Verteneuil (président) que Thierry Bodson (secrétaire général wallon ) voulaient des alliances PS-PTB-ECOLO et n’ont pas hésité à le rappeler, les choses étaient nettement moins tranchées chez les principaux concernés. Socialistes, " communistes " et écologistes ont quant à eux pris bien soin de ne pas prendre d’engagements qui pourraient les lier. Le président du PS a même mené campagne contre une telle perspective. Le PTB a veillé à ne se présenter que dans des communes où il pouvait menacer la toute-puissance locale du PS (présents dans 16 communes wallonnes, le PTB affrontait 14 bourgmestres PS) et ECOLO a fait campagne sur l’équidistance entre tous les autres partis. Seule la FGTB semblait croire à la pertinence, la nécessité d’une coalition des trois formations " progressistes ".

… qui arrange les partis, pas le syndicat

Et c’est la stratégie du syndicat qui s’en retrouve chamboulée. Quelle pertinence auront encore ses appels incantatoires ? Dans la perspective du scrutin de mai 2019, la FGTB pourra-t-elle poursuivre dans cette ligne ? Toutes ses instances sont-elles d’ailleurs sur la même longueur d’onde ? La " gauche francophone " n’est-elle pas en définitive une chimère tant elle semble protéiforme ? Le syndicat est perplexe : à quoi cela sert que la " gauche " représente plus de la moitié de l’électorat wallon, si elle ne peut s’entendre ?

Pour les partis concernés, le véritable challenge se situe en mai prochain et les positionnements actuels le reflètent. Le PS est tombé à son minimum historique mais a pu conserver ses bastions et ménage l’avenir en s’alliant ça ou là à ECOLO ou au MR, rappelant que lui, à la différence du PTB, peut gérer. Le PTB, qui ne s’est présenté que là où il était bien implanté doit confirmer à un niveau plus large et ne pouvait se présenter comme un parti de pouvoir, il doit conserver son image antisystème pour progresser là où il est nettement moins fort. Enfin, ECOLO entend transformer l’essai réussi des communales, achevant de convaincre les sceptiques sur sa capacité à gérer. Les Verts deviennent les pivots de plusieurs majorités. Les trois entendent également prouver qu’ils sont chacun la meilleure alternative au MR, à nouveau seul contre tous, mais c’est son choix de 2014.

La FGTB voudrait voir ces trois-là s’unir après mai 2019. Les élections communales viennent de démontrer qu’ils sont bel et bien inconciliables.

A ce stade, des coalitions PS-MR ou MR-ECOLO-cdH restent plus probables que l’arrivée du PTB au pouvoir.

Quoi que veuille/regrette/exige/souhaite/tempête la FGTB.

 

@PhWalkowiak

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