Communales 2018: les enjeux dans les villes flamandes

A la veille du scrutin communal, les partis flamands placent leurs derniers pions pour s’assurer la plus large victoire possible. Et c’est dans les villes que la bataille électorale semble plus que jamais se jouer. 

Les débats se sont succédé ces derniers jours sur les chaînes de télé flamandes, avec à l’avant plan, Anvers, où le suspense est à son comble. D’après les derniers sondages, le bourgmestre Bart De Wever n’est pas assuré de reconduire sa coalition avec le CD&V et l’Open VLD. Groen aurait le vent en poupe et pourrait plus que doubler son score de 2012. Alors, qui aura la main pour former une nouvelle majorité, et surtout avec quel autre parti? Bart De Wever a exclu de gouverner avec les formations radicales, de droite comme de gauche. Il a toutefois laissé la porte entre-ouverte aux écologistes, une possibilité que la tête de liste Groen a déjà balayé d’un revers de main. Quant aux socialistes, ils ont annoncé, par l’intermédiaire de leur candidate, Jinnih Beels, qu’ils accepteraient de discuter avec les nationalistes flamands, s’ils y sont invités.

Il n’y a pas qu’à Anvers que les élections promettent d’être passionnantes. A Gand notamment, où jusqu’ici la coalition menée par le cartel sp.a/Groen et l’Open VLD était bien partie pour être prolongée. Mais c’était sans compter le récent scandale des logements sociaux insalubres, un scandale qui met à mal la majorité gantoise, et dont la N-VA semble vouloir tirer profit. A Louvain aussi, les nationalistes flamands espèrent pouvoir faire vaciller le mayorat socialiste en place depuis 24 ans. Pour ce faire, ils ont envoyé Lorin Parys. Le député fédéral affrontera celui qui doit succéder à Louis Tobback. A 39 ans, Mohamed Ridouani, échevin issu d’une famille ouvrière d’origine marocaine, pourrait représenter tout un symbole s’il venait à être élu bourgmestre.

Un autre symbole socialiste pourrait, lui, basculer à Ostende. Johan Vande Lanotte y affronte en duel le ténor libéral Bart Tommelein. Les deux hommes seraient au coude-à-coude. Mais d’après la tête de liste Open VLD, les Ostendais veulent du changement, après 24 ans de pouvoir socialiste. A Bruges aussi d’ailleurs, le sp.a de Renaat Landuyt ne semble plus avoir la faveur des habitants.

Les regards seront également rivés sur de plus petites villes, telles que Ninove. Parce qu’à Ninove, le candidat qui risque de l’emporter en terme de voix est un membre du Vlaams Belang. Avec sa liste Forza Ninove, Guy D’Haeseleer espère devenir le premier bourgmestre d’extrême droite en Flandre. Si les intentions de vote se confirment, les autres partis devront sans doute se réunir pour former une ‘monstercoalitie’. A moins que la N-VA ne décide de briser le cordon sanitaire. Mais jusqu’ici, les nationalistes flamands ont toujours refusé de s’allier au Vlaams Belang. On notera d’ailleurs en passant que cette campagne électorale aura été dominée par des annonces de veto, des refus de coaliser, ci et là, avec tel ou tel parti. Par endroits, les majorités risquent donc d’être bien compliquées à former.

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