Coens-Bouchez : la "Quatre Saisons" n'était pas cuite

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Le futur gouvernement se bâtira sur un axe MR-CD&V, un axe central nous disaient les informateurs en décembre. En janvier, les voilà en train de re-re-re-explorer la piste d’un axe PS/N-VA, éprouvé par tous leurs prédécesseurs depuis le 26 mai.

Joachim Coens et Georges-Louis Bouchez repartent du même postulat que Didier Reynders et Johan Vande Lanotte en mai dernier. Ce dernier a même oublié l’échec de sa mission en insistant à nouveau pour que socialistes francophones et nationalistes flamands convolent.

Le MR au four

Après un premier rapport au roi, l’informateur Georges-Louis Bouchez affichait sa détermination à débloquer la situation et jeter rapidement les bases d’une coalition " arc-en-ciel " élargie au CD&V, rebaptisée Vivaldi, compositeur des Quatre Saisons, correspondant aux quatre familles politiques chargées de jouer la partition du futur exécutif fédéral. Exit donc la N-VA, pourtant si chère à certains libéraux francophones. Une note, succincte pour ne pas dire très light marquée plus à droite était censée incarner ce " noyau dur " MR-CD&V. Il fallait marquer la rupture avec la mission Magnette et rassurer chrétiens-démocrates et certains libéraux flamands.

Mais entre la " Vivaldi/Quatre Saisons tout de suite " de G-L Bouchez et le " jamais sans la N-VA " de J. Coens, il y a plus que du tiraillement.

Le CD & V renvoie la "Quatre Saisons" en cuisine

Alors qu’ils l’avaient laissé entendre, les informateurs ne sont jamais parvenus à mettre tous les interlocuteurs autour d’une même table avant le rapport au roi. Pire, les pontes du CD&V ont douché les espoirs du président du MR. Dès vendredi, Koen Geens, vice-premier et homme fort du parti, réaffirme sa volonté de voir la N-VA intégrer le futur gouvernement fédéral. Rebelote le lendemain, la vice-ministre-présidente du gouvernement flamand Hilde Crevits embraye. Le CD&V renvoie la "Quatre Saisons" en cuisine !

Tout cela avant même que Bart De Wever, tout en douceur, rappelle quelques gages sociaux, ménage les socialistes et fustige l’Open VLD, traître à la cause flamande !

Le CD&V tient à ne pas lâcher la N-VA. Celle-ci n’entend pas s’exclure d’elle-même. Coens et Bouchez repartent en expédition à la recherche d’un axe PS/N-VA. Paul Magnette et Bart De Wever se sont vus plus d’une quinzaine de fois depuis les élections. Sans succès quand Bart De Wever ne manie pas l’insulte ! Les préformateurs Bourgeois-Demotte avaient conclu que les divergences de fond entre le PS et la N-VA sont telles qu’elles ne permettent pas d’engager une phase suivante bâtie autour de ces deux partis.

La N-VA continue à tirer les ficelles. En Flandre, l’idée d’un gouvernement fédéral minoritaire au nord passe toujours mal. Légitimement sans doute.

Germe alors la perspective (ou le vœu pieux) d’un gouvernement qui regrouperait autour d’un noyau improbable PS/N-VA, une coalition où on retrouverait outre la famille socialiste au complet et les nationalistes, les seuls CD&V et MR. Exit l’Open VLD, inutile numériquement.

Reste à baptiser ce nouvel attelage d’un goût curieux et inédit. Mais comme pour cela, il faut au préalable convaincre PS et N-VA de s’allier, cela risque bien d’être aussi inutile que tout ce qui vient de précéder.

 

@PhWalkowiak

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