Club Med, rue de la Loi

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

L'assainissement budgétaire ne peut cependant, à nos yeux, avoir lieu contre la relance économique, la création d'emplois et la stimulation de l'économie. Ainsi répondait ce jeudi à la Chambre, le Premier Ministre à ceux qui s’inquiétaient de voir à nouveau les finances fédérales tancées tant par la Commission Européenne que par la Cour des Comptes. Des propos qui ne sont pas sans rappeler Elio Di Rupo, Premier Ministre qui plaidait pour une approche équilibrée qui allie rigueur budgétaire et soutien à l'emploi (2013) en réponse à une Europe qui s’inquiétait déjà de voir que la Belgique traînait à réaliser les assainissements budgétaires exigés.

Même rengaine

La Belgique était alors déjà menacée de procédure pour " déficit excessif " ; c’était aussi l’époque où le Premier Ministre Di Rupo tapait sur les doigts de son ministre Magnette parce que ce dernier critiquait les exigences européennes excessives.

Le gouvernement Di Rupo (avec les libéraux et le CD&V qui ont souvent tendance à oublier qu’ils en étaient) a réalisé 22 milliards d’économies… avec pour antienne, comme le gouvernement Michel, de ne pas casser la reprise.

Les mêmes réponses au 16, rue de la Loi à cinq ans d’intervalle mais pas forcément les mêmes critiques. Là où on reprochait le manque de mesures structurelles au bourgmestre de Mons, on doute plutôt du sérieux des chiffres du bourgmestre de Wavre, ce sur quoi ce dernier ne répond pas vraiment.

Droite flamande vs Club Med wallon

La N-VA relayait et amplifiait les critiques européennes, elle fait semblant de ne pas les entendre aujourd’hui.

Les remarques acerbes proviennent plus d’un certain patronat flamand, relayée récemment par l’un d’entre eux, par ailleurs ex-secrétaire d’Etat et député CD&V, Hendrik Bogaert : "J'ai l'impression qu'une certaine mentalité du sud de l'Europe, une mentalité du "Club Med" comme on dit, s'insinue au sein du gouvernement fédéral, via la Wallonie et via Bruxelles. Et nous, les partis flamands, on doit pouvoir dire "on ne veut pas de ça, on veut une politique budgétaire orthodoxe". Cela pourrait paraître raciste si ce n’était risible. La N-VA développait déjà le même argumentaire à propos du gouvernement Di Rupo. Avec le gouvernement Michel, la Flandre dispose de l’essentiel des leviers dans une coalition avec un seul parti francophone, qui ne représente que l’opinion de moins d’un quart des Wallons et des Bruxellois.

Un principe de réalité finit par s’imposer : les règles européennes sont excessives si on ne veut pas compromettre une croissance ; même la N-VA a fini par s’y résoudre, repoussant l’équilibre budgétaire sacré en début de législature au-delà de 2019. Même les nationalistes flamands se plaisent au Club Med …

@PhWalkowiak

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK