Climat, nucléaire: l'alerte du jour

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La ministre du Climat devait pour ce 30 novembre être présente à Paris un accord sur la répartition des efforts de chaque entité fédérée en matière de lutte contre le réchauffement climatique dans son sac à main, après avoir signé avec Electrabel une nouvelle convention prolongeant l’existence des vieilles centrales nucléaires de Doel 1 & 2.

Impasse 1 ?

A sa décharge, Marie-Christine Marghem a hérité de deux dossiers " pourris ". Cela fait 8 ans que les nos différents gouvernants tentent de se mettre d’accord sur la répartition des efforts tant en matière d’énergie renouvelable, de limitation des émissions de CO2 ou de contributions financières en faveur de l’environnement.

Le 24 octobre, les quatre ministres " climat " du pays s’accordait sur une répartition de ces efforts. Accord aussitôt torpillé par le vice-premier N-VA Jan Jambon (collègue de Marghem) et dans la foulée par les nationalistes de la majorité flamande. Le Premier Ministre enclenchait la marche-arrière, l’accord était rebaptisé " pré-accord ", d’autant plus que l’on finissait par se rendre compte que la ministre MR s’était aussi trompée dans les chiffres de référence !

Wallonie et Bruxelles, beaux joueurs, ont repris la discussion, approuvé un dernier texte, mais l’ensemble dépend à nouveau d’un feu vert de la N-VA.

A ce stade, ce n’est même plus une figure de style, le discours de Charles Michel au Sommet de Paris, dépend du bon vouloir de la N-VA.

Impasse 2 ?

La prolongation des centrales est l’autre caillou dans l’escarpin de Marie-Christine Marghem, même si il se dit que là aussi, c’est le Premier Ministre qui a dû reprendre la main.

La majorité a voté la prolongation des deux centrales de la banlieue anversoise le 18 juin ; depuis on attend pour ce … 30 novembre (tic…tac… tic.. tac..) une convention avec Electrabel qui acte et organise cette prolongation. Dans la majorité, CD&V et surtout Open VLD exigeaient que cette convention soit coulée dans une loi. Sauf entourloupe, ce ne sera pas le cas.

Une convention devrait toutefois être signée… au siège de la maison-mère, à Paris. Un Premier Ministre qui se déplace en personne au siège d’un groupe étranger pour y signer un texte qui entérine la remise en route de deux vieux réacteurs nucléaires le jour de l’ouverture de la Conférence pour le Climat dans la même ville, cela risque de faire bondir le plus paisible des militants écologistes.

Dans ces deux dossiers, le gouvernement s’est enfermé dans un calendrier qu’il a mal maîtrisé.

Et quoiqu’on puisse en dire, cela dénote aussi du fonctionnement de l’ " Etat " en Belgique. Dans ces dossiers comme dans d’autres, on retrouve les mêmes maux et l’actuel gouvernement fédéral est loin d’en être le seul responsable.

 

@PhWalkowiak

 

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