Climat: le discours d'un roi

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Il est exceptionnel qu’un chef de l’état sans véritable pouvoir enjoigne son gouvernement à donner suite à des manifestations de rue. C’est pourtant le sens du discours de Nouvel An du roi Philippe qui cite en exemple les différentes manifestations pour la défense du climat et qui, à mots feutrés, recommande à "ses" gouvernements d’agir et de faire preuve d’ambition.

Affaires pas si courantes

Le Roi apporte son soutien aux actions : "Ce qui doit aussi nous encourager, c’est la mobilisation citoyenne qui illustre bien la vitalité de notre société et le souhait de contribuer à forger ensemble notre avenir. (…) Les divers mouvements auxquels nous assistons expriment une volonté d’action collective. Ils demandent une nouvelle dynamique économique et sociale, plus équitable. Et une adaptation fondamentale de nos modes de vie afin d’éviter un dérèglement irréversible de notre planète".

Clairement, le chef de l’Etat demande d’agir et souhaite que cette année électorale ne soit pas une année de perdue de plus.

Philippe prend aussi en quelque sorte la défense des ces jeunes qui manifestent tous les jeudis et que certains (notamment à la N-VA ou au MR) raillent, soulignant leur naïveté ou leur manque d’expérience : "Les jeunes montrent de l’ambition alliée à de profonds sentiments d’authenticité et de solidarité. Ils ont une conscience aigüe des besoins de notre planète. Donnons-leur la place qu’ils méritent et établissons avec eux le socle solide sur lequel ils pourront s’appuyer".  Ou : messieurs les ministres, écoutez cette jeunesse !

Au point que cela grince des dents dans certains milieux gouvernementaux ou dans la presse flamande, où on épingle ce "roi vert" qui s’aventure "en terrain glissant".

Un Premier prudent

Avant cela, le Premier Ministre a aussi fait écho aux manifestations : "La lutte contre le réchauffement climatique est certainement la bataille de ce siècle". Mais comme Bart De Wever, Charles Michel fait confiance à la technologie pour sortir la planète de là : "L’humanité dispose de suffisamment de ressources intellectuelles et d’ingéniosité pour garantir un avenir durable. Il ne parle pas véritablement de changement de comportement, d’adaptation fondamentale de nos modes de vie, comme le demandait le roi Philippe, même si le chef de gouvernement fédéral envisage une transformation dans notre façon de consommer, de produire, de nous déplacer ou encore de travailler…" 

Un constat: la Belgique fait partie des mauvais élèves européens.

Le Premier ministre, en campagne électorale, peut en effet très difficilement se permettre de dénigrer sa propre action en ce domaine. Il reste prudent, souhaitant un chiffrage de toute mesure nouvelle. 

Eviter de faire (trop) peu en campagne électorale… ménager tous les électorats, au risque de n’en satisfaire aucun. C’est le défi de tous les partis.

@PhWalkowiak
 

 

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