Cinq candidats pour quel MR ?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Les éléments se mettent en place le 18 février dernier quand Charles Michel " débarque " Olivier Chastel de la présidence du Mouvement Réformateur. Il s’agit alors de donner un coup de fouet à la campagne électorale du parti, un peu comme le cdH vient de le faire. L’alors Premier Ministre décide de cumuler pour sauver ce qui peut l’être : les sondages ne sont pas bons, son gouvernement est en affaires courantes, la reconduction de la majorité sortante comme la conservation du " 16 " compromises et enfin les élections communales n’ont pas été bonnes en Wallonie, calamiteuses à Bruxelles.

Élections

Au soir du 26 mai, le paysage politique est plus éclaté que jamais, le fossé nord-sud encore plus grand. Peu de chances de revoir Charles Michel diriger un gouvernement. Place aux ambitions européennes. Idem pour Didier Reynders. Le parti est groggy mais indispensable, il contraint le PS à l’embarquer. L’essentiel est acquis. Le parti tourne une page, ou plutôt referme un livre ouvert en 1976 par Jean Gol et la création du PRLW, confortée ensuite par ses héritiers. A présent, la suite va s’écrire.

D’ailleurs dans les cinq candidats, on retrouve trois patronymes déjà actifs dans le parti dans les années 80 (Barzin, Defraigne, Ducarme). Le MR, une affaire de familles, une question d’héritage.

Héritage

Willy Borsus devait reprendre la " boutique ". Il préfère le job de ministre, embarrassant Charles Michel. Denis Ducarme voit une ouverture, sachant qu’il ne lui restait que peu de chances de redevenir ministre, les barons du parti se regroupent autour de la candidature de Georges-Louis Bouchez, soutenus par les clans Michel et Reynders. Forcés et contraints, au point que même Jacqueline Galant lui trouve des qualités !

Face à ces candidatures marquées à droite et copain-copain avec Théo Francken, le sang de Christine Defraigne ne fait qu’un tour : le libéralisme belge francophone doit retrouver ses accents sociaux qui lui ont sans doute tant manqué ces dernières années. A force de rouler à droite, le parti a perdu ses électeurs du centre et doit constater qu’il n’y a plus personne à sa droite.

Philippe Goffin tenant lui aussi d’une ligne plus sociale et Clémentine Barzin, proche de Didier Reynders, viennent troubler ce jeu.

À la différence des autres formations francophones, le MR s’offre un véritable débat interne où la personnalité importera autant que le programme. Pour un parti, cela demeure un exercice risqué même si cela peut aussi créer une nouvelle dynamique.

A la différence du PS, où la discipline des fédérations ou sections, existe encore, le vote des militants libéraux reste ouvert.

Pour le vainqueur, quel(le) qu’il/elle soit, le plus compliqué apparaîtra de toute façon le lendemain de sa consécration, quand il faudra parler à nouveau d’une seule voix… et négocier la présence du parti dans la prochaine coalition fédérale.

 

@PhWalkowiak

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