Chers ex-amis journalistes

Olivier Maroy
Olivier Maroy - © HAND OUT RTBF / MARTIN GODEFROID - BELGA

Olivier Maroy passe de l'autre côté de la barrière. La barrière de corail qui sépare le journalisme, de l'action politique ; l'investigation, de la communication ; le regard critique, de la loyauté au parti. Pas le premier, pas le dernier. S'engager en politique est un acte respectable. Mais irrévocable.

Et un de plus... Frédérique Ries, Anne Delvaux, Jean-Paul Procureur, Florence Reuter : des noms connus du petit écran passés de l'autre côté du miroir. Cette fois, c'est Olivier Maroy qui se laisse tenter par le pays des MRveilles. Un lapin blanc est venu le chercher et il a choisi de le suivre.

Toute personne a le droit de s'engager en politique. C'est un droit démocratique donné à tous, de vouloir s'investir dans un projet de société. C'est aussi une forme de choix courageux quand il correspond à une motivation citoyenne. Dans le cas d'un journaliste, c'est néanmoins un pas transgressif, pour deux raisons.

Coming out

Première raison : le passage d'un journaliste en politique révèle au grand jour ses préférences politiques. Il jette donc la suspicion légitime sur l'indépendance de son travail jusqu'ici. Animateur de Mise au Point, Olivier Maroy a toujours animé ses débats dans le respect du pluralisme, mais plus personne ne le verra jamais comme avant. Toute sa manière d'agir, d'animer, sera relue à la lecture de ses choix d'aujourd'hui.

Le salaire de la star

4e place à la Région : c'est le prix reçu par Olivier Maroy pour faire son coming out politique. Une place de combat, le MR disposant de 4 élus à la Région wallonne. Pas cher payé pour donner son nom à une couleur ? Chacun jugera la prise de risques. Olivier Maroy la jugera aussi au moment où il comparera les plaisirs des métiers.

Un aller simple

Deuxième raison qui explique le caractère transgressif du passage d'un journaliste en politique : ce n'est pas un grand saut à l'élastique. Il n'y a pas de rebond possible. Celui qui s'enfuit du bateau ne remonte plus à la barre. Une fois en politique, plus de retour en journalisme. Un retour dans les médias est toujours possible, dans une autre fonction, après 6 mois de "purgatoire". Mais l'indépendance, ce n'est pas comme les cheveux : ça ne repousse pas.

Alors, chers ex-amis journalistes, engagez-vous, engagez-vous, chapeau, mais ... ne revenez jamais dans cette fonction.

 

Johanne Montay

 

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