Charles Michel: une crise pour anniversaire

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

L’actuelle coalition fédérale est sans doute l’une des plus homogènes depuis les gouvernements Martens-Gol. Débarrassée des dossiers communautaires, l’équipe de Charles Michel s’est dotée d’un programme ambitieux, qui dépassait même les programmes des partis la composant.

Homogénéité idéologique

Le gouvernement fédéral repose ainsi sur ce qui se fait le plus " de droite démocratique " dans le paysage politique belge, s’appuyant sur un programme répondant (enfin ?) aux aspirations des deux partis libéraux, notamment.

Dès le début, le malaise du CD&V s’est fait ressentir. Pourtant, les chrétiens-démocrates flamands figurent parmi les principaux artisans de cette coalition inédite.

C’est parce que le CD&V tenait absolument à embarquer la N-VA que cette coalition sans les socialistes est en grande partie née. Mais fidèle à sa tradition de parti tiraillé entre ses standen, la formation de Wouter Beke a rapidement montré des signes d’hésitation.

Lors de la manifestation syndicale du 29 septembre, l’ACV était présente en nombre à Bruxelles, Marc Leemans, son président, a eu des mots très durs pour le gouvernement fédéral. Ces éléments ne sont sans doute pas étrangers à la position de Kris Peeters dans les dernières négociations.

Rupture ?

Entre N-VA et CD&V, les tensions sont devenues régulières. En Flandre, les deux partis sont rivaux. L’ambition de Bart De Wever de mettre sur pied un vaste parti populaire de droite menace directement les électorats du CD&V et de l’Open-VLD. Dans ce match à trois, le MR en est réduit à jouer les arbitres mais aussi devient celui par qui la solution peut arriver entre les partenaires.

Dans cette perspective, Charles Michel doit à présent retisser les fils de la confiance entre ses partenaires. A ce stade, personne n’a intérêt à aller aux élections, les sondages sont mauvais pour tous les partis de gouvernement.

Jusqu’ici, la pression sur le gouvernement fédéral était extérieure et n’affectait qu’assez peu la vie gouvernementale. En Belgique, un gouvernement n’est en crise que de l’intérieur. Pour ses deux ans au 16, Charles Michel s’offre ainsi sa première crise. Cela n’est pas forcément grave, mais ça peut l’être et ça laisse toujours des traces et de la rancœur.

 

@PhWalkowiak

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