Charles Michel trace sa route

Le bon chemin, la bonne voie, la bonne route… tel est le nouveau mantra du Premier Ministre.

Optimiste mais pas naïf, dit-il de lui-même. La priorité reste la création d’emplois et pour cela, il faut aider les entreprises. Le credo demeure.

Des chiffres

Malgré un gouvernement qui s’est souvent pris les pieds dans le tapis des calculs, Charles Michel a aussi usé de beaucoup de chiffres à la tribune de la Chambre, reconnaissant même que la croissance belge se situait en dessous de celle de la zone euro.

Cette déclaration est aussi celle du premier bilan, le pays a été remis sur de bons rails… Nous sommes sur le bon chemin… Le tax shift est en marche : Dès 2016, les salaires seront augmentés jusqu’à 83 euros nets par mois pour les plus bas d’entre eux. A la fin de la législature, les baisses d’impôts oscilleront entre minimum 74 euros par mois, jusqu’à 146 euros par mois pour les bas salaires. 1752 euros nets par an. Largement plus qu’un treizième mois.

Sans hésiter, ces chiffres deviendront l’incantation du Premier Ministre pour les prochains mois ; d’autant plus, que face à cela, l’opposition est relativement désarmée, elle ne peut qu’y objecter que ce que l’on prend dans l’autre poche (accises, saut d’index, soins de santé, etc..). Le gouvernement est également soutenu par l’optimisme retrouvé des entreprises qui annoncent désormais des créations d’emplois, puisque le handicap salarial n’est plus qu’un mauvais souvenir du passé.

Charles Michel a déterminé lui-même l’aune de son action gouvernementale : la création d’emplois d’ici 2019. Au printemps, avant de connaître les mesures fiscales, le Bureau du Plan prévoyait la création de 200.000 emplois entre 2015-2020. Tout ce qui sera au-delà, pourra donc être mis au crédit du gouvernement Michel. Interrogé dans Matin-Première, le Premier Ministre s’est refusé toutefois à donner un chiffre. Guy Verhofstadt s’y était aventuré, cela l’a suivi politiquement longtemps.

Une cohésion

Le discours de rentrée du Premier Ministre n’aura été que social et économique, un peu comme si les autres matières n’avaient pas eu le temps d’être abordées au sein du gouvernement. Les points chauds : SNCB, nucléaire, survol de Bruxelles, Défense et surtout migration n’ont fait que l’objet de propos convenus et vagues.

Mais pour le Premier Ministre, l’essentiel est ailleurs : l’opposition n’a plus guère prise sur la ligne politique fédérale, pas plus que les mouvements sociaux. Sauf accident, il est en place jusqu’en 2019 avec cette politique.

Pour Charles Michel, comme pour tous ses prédécesseurs, le danger est intérieur ; il ne pourra pas toujours dire, comme dans Matin-Première, qu’il n’a pas entendu les propos provocateurs de Bart De Wever…

 

@PhWalkowiak

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