Charles Michel ou l'itinéraire d'un enfant gâté

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

L’art d’être au bon endroit au bon moment. N’être candidat à (presque) rien et décrocher le job.

Député, ministre, bourgmestre, président de parti, Premier Ministre et à présent Président du Conseil Européen… tout cela à 43 ans, sans (trop montrer) le vouloir, bien joué l’artiste !

Tout cela une semaine après l’échec de Didier Reynders au Conseil de l’Europe. Didier Reynders souvent candidat déclaré, souvent candidat éconduit. Le contraste est cinglant.

Fils à papa …

Bien entendu, la carrière de Charles Michel démarre lorsque celle de son père est à son apogée ; cela vaut aussi pour son frère, Mathieu, chef de file libéral en province de Brabant Wallon.

Il bénéficie de la vague bleue de 1999 pour devenir le benjamin de la Chambre. A 23 ans. Sa carrière va littéralement exploser, il n’a déjà plus besoin de son père pour progresser rapidement. On dit même que Louis aurait trouvé prématuré que Daniel Ducarme, alors président des bleus, le propulse en 2000 au gouvernement wallon. Charles Michel va alors très rapidement trouver ses marques, irritant tout aussi rapidement l’allié socialiste notamment quand il entend, comme ministre de tutelle, mettre son nez dans les subsides aux communes. Le divorce est tel qu’en 2004, Elio Di Rupo doit, sous la pression de ses barons, rompre l’alliance signée avec les libéraux de Louis Michel. A partir de là, ce sera toujours compliqué entre Charles Michel et les socialistes.

… mais pas que

L’homme n’incarne pas, comme son père, une ligne " libérale sociale ". Quand en 2011, il débarque Didier Reynders de la présidence du MR, c’est plus à une opposition de style ou d’ego que l’on assiste qu’à des choix idéologiques. Il laisse un parti durablement marqué par cet épisode.

En 2014, pris de court par la manœuvre socialiste, Charles Michel brûle ses vaisseaux et ose le pari de la " kamikaze suédoise ", seul parti francophone avec une alliance avec l’ "ogre" nationaliste. Récompense du pari qui paraissait insensé : le 16 ! Pendant cinq ans, il cultivera ses relations à travers toute l’Europe, dans le sillage du couple franco-allemand. Il apporte son soutien au Pacte sur les Migrations, qui lui coûte son gouvernement, la plus lourde défaite électorale d’une coalition sortante depuis 40 ans, mais gâté à la fois par la chance, sa relation avec le président Macron et un réel sens tactique, du compromis et de l’à-propos, Charles Michel décroche la timbale européenne, devenant un des plus jeunes à occuper ce type de poste prestigieux.

A présent, l’avenir du MR ou des coalitions aux différents étages de la maison Belgique vont vite lui apparaître subalterne.

@PhWalkowiak

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