Charles Michel, le Premier pressé

Il reste pour quelques jours Premier Ministre, est déjà président virtuel du Conseil Européen au vu de son agenda actuel et le sera effectivement dans un peu plus d’un mois. Il demeure président du MR en attendant son imminent successeur et il paraît soudainement très pressé de quitter la politique belge.

Charles Michel n’a eu de cesse d’enfreindre les codes… il sera sous peu le premier chef de gouvernement en affaires courantes à ne même pas attendre son successeur et décroche malgré tout la médaille d’argent des affaires courantes derrière Yves Leterme ; son gouvernement est en léthargie depuis le 21 décembre 2018, le jour où le Roi a accepté sa démission.

L’homme pressé

Charles Michel avait pourtant tenu à rassurer dès sa désignation ; son nouveau mandat ne commence que le 1er décembre. D’ici-là, il maintiendrait le cap du gouvernement belge. Il joue finalement les filles de l’air.

Tout va vite dans la vie de ce jeune quadragénaire : conseiller provincial à 18 ans, député à 23 ans, ministre à 24 ans, président de parti à 35 ans, Premier Ministre à 38 ans, président du conseil européen à 43 ans.

Il ne s’embarrasse pas des contingences, que celles-ci soient les caciques socialistes wallons sauce Van Cauwenberghe-Daerden-Happart, de Didier Reynders président du MR, de l’usage sur une présence francophone significative dans le gouvernement fédéral, de ses engagements préélectoraux (pas de gouvernement avec la N-VA, pas de changement de l’âge de la pension, pas de saut d’index, pas de hausse de la TVA sur l’électricité), Charles Michel fonce sur ses objectifs et méprise tout ce qui pourrait venir le contredire.

Le bilan attendra

Il est donc en passe de quitter (définitivement ?) l’espace désormais trop étroit pour lui, de la politique belge. Charles Michel le fait savoir juste au moment où tout le petit monde politique et médiatique participe aux 18 ans de la future cheffe de l’Etat. Cela ne pouvait attendre.

De même, la Chambre n’a toujours pas voté le budget nécessaire au fonctionnement de l’Etat pour les deux derniers mois de l’année. Son gouvernement aura aussi battu, au passage, le record du plus long recours à l’artifice légal des douzièmes provisoires pour faire fonctionner le pays. Il laisse une ardoise de 11 milliards € d’impayés dans le budget de l’État. L’avenir fera le tri entre ses budgets systématiquement jugés optimistes par la Cour des Comptes ou le Bureau du Plan et une dégradation de la situation générale. La Belgique s’apprête enfin à entrer en 2020 sur base de réalités budgétaires de l’automne… 2017.

Mais peu importe pour le principal intéressé. Il est déjà passé à autre chose, prend visiblement goût à sa nouvelle vie, a hâte d’entrer dans ses nouveaux habits. Ses oripeaux de Premier resteront sur le trottoir du 16, à disposition d’un successeur dont il n’a sans doute déjà que peu faire. Une autre dimension l’attend.

 

@PhWalkowiak

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