Charles Michel entre PS et N-VA

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

 

Entre un président de parti qui n’exclut pas de discuter avec la N-VA et le porte-parole du même parti qui refuse l’idée même du débat puisque désormais la N-VA s’assimile au Vlaams Belang, la ligne politique du PS flotte quelque peu entre Elio Di Rupo et Paul Magnette. Et ce au point que le parti a dû se fendre d’un communiqué de précision/rectification. Dans le contexte de crise politique actuel, il n’en fallait pas plus au MR pour tenter de desserrer l’étreinte politique.

L’encombrante N-VA

La N-VA demeure au centre du jeu. Charles Michel en a besoin pour continuer à faire vivre son gouvernement et le PS ne peut espérer envoyer le même gouvernement cinq mois en affaires courantes sans l’assentiment ne fut-ce que tacite, des nationalistes.

Le Premier Ministre prévoit toujours que le budget 2019 ou les décisions entourant le Jobs deals puissent être votés et surtout épinglés au bulletin final de son équipe. La N-VA avait négocié le budget (déjà adopté en commission) et soutenu les mesures " emploi " du gouvernement. Voyant le CD&V et l’Open VLD (ses principaux rivaux électoraux) vouloir donner d’autres accents, la N-VA pourrait revoir sa position et placer Charles Michel et les siens dans l’embarras.

De son côté le PS va devoir composer avec les nationalistes qui souscrivent eux-aussi (et comme tous les constitutionnalistes) à ce que Charles Michel demande la confiance en son gouvernement aux députés de la Chambre.

Le Premier Ministre s’assied pour l’instant, sur les pratiques constitutionnelles mais va encore tenter de négocier une issue avec les nationalistes.

La N-VA reste au centre des attentions.

Tergiversations socialistes

Par la force des choses, le PS se retrouve à présent dans une majorité avec la N-VA : la majorité non-gouvernementale. Encombrant voisinage que le MR tente d’exploiter et que la communication cahotante et bicéphale du PS conforte.

Elio Di Rupo joue avec les mots et effectivement, le PS peut se retrouver à devoir négocier avec la N-VA après le 26 mai là où Paul Magnette clame que même cette discussion est devenue impossible.

Il y a du cafouillage dans le début de la campagne du PS entre président qui s’auto-proclame tête de liste, dans un parti où on tient aux procédures et un porte-parole candidat à une non-élection.

Mais tout ce petit monde tente surtout pour l’instant d’éviter des élections et surtout d’en porter la responsabilité. L’électeur fait peur, semble-t-il. Et là-dessus, Charles Michel et Elio Di Rupo sont d’accord.

 

@PhWalkowiak

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