Charles Michel, à l'énergie et au culot

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Charles Michel met de l’énergie et de la conviction à défendre contre vents et marées ses convictions, ses certitudes. Jusqu’au bout. L’homme est convaincu de lui-même, de son action. Inébranlable, souvent seul contre tous, parfois même contre certaines réalités. Pas l’ombre d’une tache ou d’un regret à l’heure des bilans. Le volontarisme et la détermination en étendard.

Sûr d’avoir raison

L’ex-Premier Ministre, démissionnaire depuis le 21 décembre dernier, n’a de cesse de marteler les 290.000 emplois créés et un taux d’activité sans précédent sous nos latitudes. Les mêmes arguments que lors de la dernière campagne électorale, resservis six mois plus tard, comme si les élections n’étaient pas passées par là.

La majorité sortante a pourtant pris une dérouillée comme peu de ses prédécesseurs. Le gouvernement Di Rupo (avec les libéraux) avait gagné des sièges, le gouvernement Leterme (avec les libéraux) gardait largement sa majorité en ne perdant que 5 sièges… la " suédoise " née en 2014 a perdu… 22 sièges ! C’est en Flandre que le recul a été le plus rude. Pourquoi ?

L’emploi se porte mieux, c’est une évidence mais la progression a été moins forte chez nous que presque partout en Europe.

La situation budgétaire laisse présager 14 milliards € de trou à l’horizon 2024. On est loin du retour à l’équilibre promis pour 2018. Chaque automne, la Cour des Comptes n’a eu de cesse d’émettre des doutes sur les budgets déposés. Même le dernier rapport en date (sur le budget 2019, finalement pas voté) épinglait le flou des recettes et l’incertitude des rentrées.

Compromis

La politique, surtout chez nous, reste l’art du compromis. Le toujours président du MR exhorte PS et N-VA à s’entendre. De réussir là où son gouvernement a fini par s’échouer : se mettre d’accord sur la N-VA, y compris sur la migration.

Pour l’instant, ces deux formations, marquées par un lourd échec électoral, se cramponnent à leurs engagements préélectoraux. Au nom de quoi devraient-ils y renoncer ? L’intérêt supérieur d’un pays que la N-VA veut voir disparaître ? Un programme économique et social conservateur que le PS exècre ?

Charles Michel était devenu Premier Ministre en renonçant à plusieurs de ses engagements (pas d’alliance avec la N-VA, pas de hausse de la TVA sur l’électricité, pas de saut d’index, pas de pensions à 67 ans). Son échec électoral récent n’incite pas les autres formations à faire de même.

Là où le Premier sortant marque des points, c’est quand il fait preuve de volontarisme et de créativité. La Belgique en aura besoin pour sortir de cette crise politique qui s’annonce bien plus grave que les précédentes. Tout cela, Charles Michel l’observera de son nouveau bureau, sis un peu loin dans la rue de la Loi. S’éloigner tout en restant proche.

Avec l’espoir de revenir au 16 dans cinq ans ?

 

@PhWalkowiak

Charles Michel était l'invité de Matin Première ce matin.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK