Chacun chez soi, chacun pour soi, la Belgique à l'arrêt

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Les gouvernements régionaux et de communautés sont en place, à défaut d’être déjà tous opérationnels.

Chaque entité fédérée bétonne sa situation : la Flandre à droite, la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles progressiste, la Communauté Germanophone la même alliance pour 20 ans et un joli compromis typiquement bruxellois entre Francophones et Flamands.

Chacun chez soi

Rien de surprenant à cela. Chacun a renforcé son propre espace électoral. Largement. Dans chaque entité, les majorités constituées sont confortables et reposent sur une importante assise de l’opinion.

Bruxelles voit ainsi l’union entre les vainqueurs francophones des élections communales et les représentants d’une population urbaine flamande, très éloignée des "canons" de la N-VA, comme à Gand ou à Louvain. Jamais le monde politique bruxellois ne se sera autant exonéré de la tutelle des états-majors de parti.

La Flandre, marquée par le succès du Vlaams Belang, a fini par rédiger un programme que ce dernier, dans une coalition, n’aurait guère pu renier. Le nord du pays s’est claquemuré dans ses certitudes et son identité.

En Wallonie et Fédération Wallonie-Bruxelles, l’été aura transformé l' "alliance contre nature" en "arc-en-ciel progressiste", le temps que PS et Ecolo comprennent que ce sera plus "sécure" avec le MR et que ce dernier retrouve les accents sociaux libéraux de sa vie d’avant.

Chaque gouvernement représente largement sa population. Et c’est là que les problèmes commencent…

Incantations

Ce "chacun chez soi" qui est aussi un "chacun pour soi" complique d’autant plus les négociations fédérales. Celles-ci restent à l’arrêt et ne dépassent guère le stade des incantations. Aucune action n’a été possible. Les informateurs royaux n’ont que leur bonne volonté à proposer et Didier Reynders a bien d’autres chats à fouetter.

Puisque dans les gouvernements fédérés, chacun a tenu à garantir une large majorité comme pour se garantir du vice de construction du gouvernement Michel : ultra-minoritaire dans une Communauté, donnant l’impression de gouverner contre une partie du pays et de sa population. Chacun entend visiblement se prémunir de la répétition d’une telle situation.

Cela revient donc à ce que N-VA et PS s’entendent. Les nationalistes conditionnent cela au confédéralisme et les seconds ne voient pas sur quels éléments une entente serait possible. Effectivement, il y a des "postures" avant une éventuelle prise de contact, préfigurant une discussion, préalable à une hypothétique négociation (sic).

On l’a répété : le système belge repose sur le compromis, mais rien n’est prévu en cas d’absence de celui-ci. Et rappelons, que le principal protagoniste a fait de la disparition de ce système, l’article premier de ses statuts.

 

@PhWalkowiak

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