CETA: le caillou belge

Il est désormais de bon ton de faire du débat sur l’approbation du CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement, ou Accord économique et commercial global), cet accord de libre-échange qui doit lier le Canada à l’Union européenne, un énième épisode de l’affrontement entre la Wallonie socialiste et la Flandre (et son relais fédéral) libérale.

La réalité des faits et des clivages est quelque peu différente.

Associatif devant

La négociation entre l'Union Européenne et le Canada a fait suite à un accord signé en 2004. Ces discussions ont le plus souvent été très discrètes, voire quasi-secrètes entre des fonctionnaires de l'Union et représentants canadiens.

À peu près en même temps s'engageaient des négociations similaires avec les Etats-Unis, ce qui allaient brouiller les négociations "canadiennes".

L'opacité de ces négociations et le mutisme de la Commission européenne entraînaient la mobilisation des mouvements associatifs, appuyés notamment par les mutuelles et les syndicats. Cela va de Test-Achats au CNCD en passant par Entraide & Fraternité ou 11.11.11. Des associations comme l'Union des Classes Moyennes ou la Fédération Wallonne de l'Agriculture partagent également ces inquiétudes, comme la CGSLB. Pas des guévaristes, plutôt un électorat généralement MR.

Politique en retard

Ce débat essentiellement associatif allait finir par percoler dans le monde politique en commençant par Ecolo/Groen ou PTB/Pvda. Les trois syndicats allaient également contribuer à donner un écho au mouvement.

Eu égard la longueur des négociations, ce n'est finalement que tardivement que la question allait concerner les autres partis et les médias.

Le gouvernement fédéral a longtemps feint que ce traité était de son ressort exclusif. Pourtant, la Belgique a depuis longtemps confié son économie, son enseignement, son agriculture, son commerce extérieur quasi-exclusivement à ses Régions ou Communautés.

De plus, la Flandre, lors des réformes de l'Etat, avait exigé que pour le reste les traités concernant ces matières, les entités fédérées disposent d'un droit de veto. Elle ne s'en prive d'ailleurs pas pour bloquer la mise en œuvre de la Convention-Cadre sur la Protection des minorités, approuvée tant par le Fédéral que les autres régions.
PS et cdH avaient embrayé sur la mobilisation citoyenne, la portant face au Fédéral et à la Flandre.

Chacun se retrouve aujourd’hui quelque peu coincé : PS et cdH ne peuvent plus politiquement faire marche arrière et les MR Michel et Reynders vont aller devoir expliquer à l'Europe que la Belgique et sa structure institutionnelle compliquée ne sont pas en mesure de ratifier le CETA.

Une certaine Belgique…

@PhWalkowiak

 

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