CETA, la limite

Sans préjuger de la réelle portée du  CETA, les débats actuels sur ce traité commercial Europe-Canada révèle à la fois les dysfonctionnements de l’Union Européenne et les limites du système institutionnel belge.

Opacité

L’Europe a longtemps mené très (trop ?) discrètement les discussions avec les autorités canadiennes. La Commission a  considéré que ce traité passerait en douce, avec peut-être simplement un vote au Parlement Européen.

Alors que les négociations sont achevées depuis 2014, la Commission n’a proposé formellement qu’en juillet dernier aux pays de signer ce traité. Après le Brexit et dans un climat général d’euroscepticisme, il fut aussi décidé que chaque état membre pourrait approuver cet accord selon leurs procédures nationales de ratification. La boîte de Pandore était ouverte…

Débat

Dans l’opinion publique, la mobilisation a essentiellement eu lieu contre le TTIP, le traité de libre-échange Europe-Etats-Unis, lui aussi assez mal embarqué. Le traité avec le Canada a souffert de ce cousinage.

En Wallonie, la contestation envers ces traités est née dans les milieux anti-mondialisation mais aussi dans le monde agricole et les petits indépendants. Les syndicats et mutuelles ont embrayé, comme Ecolo.

Le parlement wallon allait assez rapidement s’emparer du dossier, multipliant les séances d’information, invitant aussi bien les défenseurs du CETA (la commissaire européenne Malmström, l’ambassadeur du Canada, etc…) que des détracteurs.

Au-delà des associations, il faut aussi compter avec la mobilisation du secteur agricole ou des classes moyennes. La semaine dernière, la FUGEA défilait encore dans les rues de Namur pour que la Wallonie s’oppose au traité.

Les agriculteurs, les petits indépendants, ce ne sont pas vraiment des guévaristes de la première heure, c’est même plutôt là que le MR recueille le plus souvent des sympathisants…

L’écheveau belge

Décidément, rien n’est simple sous nos latitudes puisque ce type de traité se doit d’être approuvé par tous nos parlements, sans aucune hiérarchie entre eux… puisque la Flandre l’a voulu comme tel lors de la réforme de l’état.

C’est pourtant au nord du pays que l’on entend des voix pour que le gouvernement Michel passe outre la Constitution pour approuver le CETA au nom de la Belgique.

Après avoir mis sur pied un gouvernement fédéral très minoritaire en Wallonie et à Bruxelles, une certaine Flandre serait même prête à aller plus loin. On serait à la limite d’un " coup d’état constitutionnel " comme à la limite de ce que ce pays peut encore faire ensemble.

 

@PhWalkowiak

 

 

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