Ce que VOKA veut…

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

… les partis flamands (N-VA, Open VLD, CD & V) le peuvent ou le doivent ! Depuis l’aphorisme de Bart De Wever en 2010, le VOKA est mon patron, alors que le pays se débattait déjà dans une crise politique XXL, l’association patronale flamande fait partie intégrante du paysage politique.

Un négociateur flamand effectuait alors ce constat : ce qui est bon pour VOKA est donc bon pour Bart De Wever et ce qui n’est pas bon pour VOKA n’est pas bon pour Bart De Wever.

L’association patronale allait bénir la coalition suivante bâtie autour de la N-VA mais dirigée par un Francophone, minoritaire chez lui. Peu importe.

… N-VA le peut

Le patron du VOKA souhaite (comme tout le monde) la constitution rapide d’un gouvernement fédéral mais pose ses conditions : la N-VA doit en faire partie et ce gouvernement doit poursuivre la politique du gouvernement précédent… celui que la N-VA a précisément fait tomber il y a plus d’un an.

Du côté des patrons flamands, on semble oublier que des élections sont passées par là, infligeant à la coalition en place, celle parrainée par le VOKA, une des plus grosses défaites électorales de ces 50 dernières années (une perte de 22 sièges à la Chambre, passant de 85 à 63 députés). Visiblement, la réalité démocratique ne perturbe que très peu le VOKA.

Avec une réforme de l’état

Non seulement, les patrons flamands n’entendent pas tenir compte de l’expression des citoyens mais poussent également les feux du confédéralisme, en demandant la scission complète de la politique de l’emploi et des soins de santé. Sans que l’on sache si cela doit se faire sur base des communautés (la thèse nationaliste flamande) ou des régions (qui gèrent ce type de matière et qui revient donc à ce que la Flandre " abandonne " sa capitale, Bruxelles). On notera au passage que le VOKA ne demande pas la scission des Pensions, où la part de la Flandre est bien plus lourde.

Les négociations fédérales arrivent à un point de cristallisation. D’ici peu, on devrait être fixé sur le sort de la N-VA. A ce stade, la piste la plus probable semble être l’arc-en-ciel élargi au CD & V, imaginée déjà du temps de Paul Magnette (horresco referens !) et donc sans la N-VA. Les informateurs actuels tentent de reformater ce projet afin de le rendre plus acceptable pour l’Open VLD et surtout le CD & V. Toujours donc sans la N-VA. Ce qui rend le VOKA nerveux. Il est vrai qu’imaginer un gouvernement fédéral minoritaire en Flandre et rempli de socialistes et d’écologistes, parfois même wallons doit donner de l’urticaire aux patrons flamands.

Cela valait bien un rappel à l’ordre sur ce qui est bon pour la Flandre, à défaut de tenir compte de certaines réalités nées du scrutin de mai dernier.

@PhWalkowiak

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