Ce que les prisons disent de la Belgique

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La Belgique n’en finit plus de se débattre face à ses vieux démons. L’actualité jour après jour lui apporte le reflet de sa lente déliquescence. Après les tunnels, les routes, les centrales nucléaires, les services de sécurité, les chemins de fer ou sa structure institutionnelle incompréhensible pour un être humain normalement constitué quand elle n’est pas inefficace, une nouvelle lumière crue est portée à présent sur un système carcéral du XIXème siècle plongé dans le 21ème siècle !

Panne

Les multiples réformes de nos institutions ont fait de celles-ci un fatras souvent inefficace où quasiment plus aucune compétence ne dépend d’un seul niveau de pouvoir, même à l’armée les unités ont chacune une couleur linguistique.

L’actuel gouvernement fédéral est confronté depuis son arrivée à une vaste fronde sociale. Face à cela, il a fait comme la plupart de ses prédécesseurs : la sourde oreille.

Dans le conflit des prisons, il faut bien reconnaître que ce gouvernement n’a fait que mettre la dernière touche à un secteur déjà bien malmené ces dernières années. La Belgique est abonnée depuis longtemps à la liste noire de l’Observatoire International des Prisons et de plusieurs autres organismes internationaux.

Démonstration

Le ministre Geens a dû reconnaître qu’il ne pouvait faire plus, faute de moyens financiers complémentaires, reconnaissant à demi-mots que le problème devenait de la sorte celui de tout le gouvernement fédéral. Seule réponse de ce dernier : l’envoi de la troupe, concocté par les deux ministres N-VA Vandeput et Jambon. Officiellement, pour raisons " humanitaires " mais la Croix-Rouge n’aurait-elle pas alors suffit ? Syndicalement, pour casser la grève.

Le service minimum en cas de grève fait partie des revendications nationalistes, et pour la SNCB figure au programme de ce gouvernement. Jacqueline Galant l’avait promis pour décembre dernier et la N-VA a déjà déposé des propositions de loi en ce sens.

Plus globalement, l’actuel conflit nourrit les théories de la N-VA sur plusieurs points : l’état fédéral belge est impuissant, le système institutionnel actuel ne fonctionne pas, le conflit social n’est porté que par les Francophones… parce que notamment les investissements ont été fait essentiellement dans les prisons flamandes (comme pour le RER…).

A ce niveau, ce conflit est aussi révélateur d’une certaine Belgique mais là, ce n’est pas l’armée qui serait d’un quelconque secours…

 

@PhWalkowiak

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