Ce que la Suédoise a changé pour moi : la réforme des pensions

Ce que la Suédoise a changé pour moi: la réforme des pensions
Ce que la Suédoise a changé pour moi: la réforme des pensions - © PHILIPPE HUGUEN - AFP

Le gouvernement une fois formé, et les ministres nommés, l’une des premières réformes à laquelle la Suédoise s’est attaquée, était celle des pensions. Ce n’est plus un secret : si aucune réforme n’est entreprise d’ici 2030, notre système de pensions pourrait devenir impayable, et ne plus correspondre aux réalités actuelles du marché du travail. Les dépenses relatives aux pensions sont passées de 26 milliards d’euros en 2006 à 45 milliards d’euros en 2015. L’heure est donc à l’urgence d’agir afin d’assurer à chaque Belge le paiement de sa retraite.

Retraite à 65 ans en 2025, 67 ans en 2030

Dans cette réforme du système des pensions, la première mesure concerne l’âge légal de départ à la pension. Dans la pratique, il demeure à 65 ans. Mais à partir de 2025, l’âge pour prendre sa retraite passe à 66 ans, et 67 ans en 2030. Cette mesure a été votée par le Parlement en juillet 2015.

La retraite anticipée

Autre mesure incluse dans cette vaste réforme des pensions de la Suédoise : la pension anticipée. Comme le mot « anticipée » veut dire, ce mécanisme permet au travailleur de quitter son emploi avant d’avoir atteint l’âge légal de la pension. Pour cela, il faut remplir certaines conditions, comme l’âge ou comptabiliser assez d’années de carrière professionnelle. En 2016, l’âge de départ anticipé à la pension était de 62 ans. Depuis janvier de cette année, il faut être âgé de 63 ans et afficher un quota de 42 ans de service pour pouvoir prendre sa pension anticipée. Ou avoir 61 ans, mais 43 années de carrière, ou enfin 60 ans et 44 années de carrière.

La pension à mi-temps

Le gouvernement fédéral a également décidé de réformer la pension à mi-temps. Concrètement, son principe est assez simple : à partir de 60 ans, les travailleurs qui remplissent les conditions d’un départ (anticipé ou légal) à la retraite et qui souhaitent poursuivre une activité professionnelle auront la possibilité d’obtenir leur pension de retraite à concurrence de 50% de la pension à laquelle ils ont droit. Autrement dit, ces travailleurs pourront continuer à travailler à mi-temps. Ils toucheront la moitié de leur salaire et la moitié de leur pension.

Outre la condition d’âge, le travailleur devra avoir été occupé à concurrence de 80% d’un temps plein durant les 12 mois civils précédant sa demande de pension. Il devra aussi réduire son activité professionnelle afin qu’elle n’excède pas 50% d’un temps plein. Voilà pour les critères à remplir afin d’être autorisé légalement à demander sa pension à mi-temps.

Mais « petit bonus » : le travailleur prenant sa pension à mi-temps pourra continuer à cotiser pour sa pension. Cette mesure de la pension à mi-temps sera d’application à partir de juillet 2019.

La pension à points

Voilà pour ce qui est des mesures comprises dans la réforme des pensions, qui ont été votées. Mais, hormis l’allongement de la durée du temps de travail, d’autres mesures relatives aux fins de carrière et le départ à la retraite des travailleurs figuraient à l’agenda du gouvernement fédéral : celle touchant à la pénibilité du travail et la pension à points. Reste que pour le moment, toutes deux sont reportées à la prochaine législature.

Le système de la pension à points prévoit que chaque personne reçoit un point par année où elle a travaillé. Un point dont la valeur dépendra du salaire que touche le travailleur. En fin de carrière, chaque point serait comptabilisé et multiplié par la valeur du point au moment où elle prend sa pension, pour obtenir le montant de la pension. Aujourd’hui, la pension à points est reléguée aux calendes grecques, faute d’accord au sein même des partis de la majorité sortante.

La pension pour les métiers pénibles

Il s’agit de permettre à un travailleur exerçant un métier lourd de pouvoir prendre une pension anticipée ou obtenir une pension plus élevée. Encore fallait s’entendre sur ce que l’on peut définir comme métier « lourd ». Syndicats et employeurs ont donc tenté de définir des critères dits de pénibilité afin de déterminer ensuite une liste de fonctions pénibles. Dans le secteur public, deux syndicats sur 3 sont arrivés à se mettre d’accord sur une liste de fonctions pénibles. Cependant, cette liste n’a pas été avalisée par le gouvernement, la N-VA et l’Open VLD la trouvant trop large. De même que par le patronat, qui craignait qu’elle inspire la liste à établir pour le secteur privé. Et, dans le secteur privé précisément, syndicats et patrons ne sont pas parvenus à s’entendre sur les critères de pénibilité. Quatre critères devaient permettre d’évaluer la pénibilité au travail, rappellent les syndicats : l’organisation du travail (le travail de nuit, par exemple), les contraintes physiques (porter des charges lourdes…), la charge mentale (stress…) et émotionnelle et les risques de sécurité élevés. Le problème est que les patrons estiment que ces critères sont trop larges. La concertation sociale ayant échoué, la « patate chaude » est revenue au gouvernement. Là aussi, pas de solution, et donc passage par la « case frigo » pour ces critères de pénibilité dans le secteur privé.

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