cdH ... avec un "C", comme Coué

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

"Je vais bien... tout va bien"... "ça ira mieux demain"...

Le congrès du cdH ce dimanche à Namur ressemblait quelque peu à un séminaire d’auto-persuasion pour dépressifs, un peu à l’instar du bon docteur Emile Coué (1857-1926). Une semaine après le PS, c'est l'autre malade de la scène politique belge qui se lançait dans l'introspection, espérant là aussi des jours meilleurs.

Remonter le moral

Dans une salle à la jauge maximale de ... 312 places, Maxime Prévot se félicitait ainsi du succès de foule. Et tout était un peu à l'envi. Les démocrates-humanistes ne s'étaient plus revus depuis le débranchement semi-raté/semi-réussi du 19 juin, hormis un "festival des projets" sous la pluie début septembre.

D'une certaine manière, le cdH se devait de tourner la page agitée de l'été et des controverses de l'automne. S’il veut pérenniser son action, le cdH ne peut compter que sur les élections communales, socle indispensable pour sauver ce qui peut l'être aux élections de mai 2019 dans la foulée.

Et dans cette perspective, peu importe que des ténors comme Marie-Martine Schyns ou Catherine Fonck abandonnent l'étiquette cdH, que Joëlle Milquet renonce et soit remplacée par un inconnu ou qu'Alda Greoli restera prudemment à la dernière place.

L'objectif reste raisonnable: conserver ses deux grandes villes Namur et Mouscron, garder sa présence dans deux provinces. Souci principal: convaincre l'allié PS échaudé (à Liège, Mons, Charleroi, Verviers, etc...) malgré les tensions actuelles et surtout conserver une représentativité substantielle pour être un partenaire crédible.

Démentir les sondages

Car c'est bien là tout le problème du cdH: que représente-t-il encore? Dans le dernier baromètre TNS pour la RTBF, les démocrates-humanistes ne représentaient plus que 8,2% des intentions de vote wallonnes pour 15,2% aux élections de 2014. Trop peu pour espérer compter dans une quelconque coalition. Mais le cdH se rassure en se disant qu’avant le dernier scrutin de 2014, les sondages le plaçaient déjà sous les 10%. Les démocrates-humanistes comptent toujours sur ce socle imputrescible qui lui permet toujours d’exister : les 17% du PSC en 1999 sont devenus 15,2% en 2014 soit une stabilité bien établie. Les mauvais sondages peuvent devenir de bons résultats électoraux, même si cela s’annonce plus délicat à Bruxelles qu’en Wallonie.

Benoît Lutgen entend convaincre ses troupes qu’il n’y pas de fatalité. L’histoire récente semble lui donner raison, reste à persuader.

 

 

@PhWalkowiak

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