"C'était bien, c'était chouette, chez Laurette" (air connu)

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Avec le départ (simplement programmé à ce stade) de Laurette Onkelinx, le Parti Socialiste s’apprête à tourner la page d’une génération, celle née du succès historique de 1987 (44% des voix en Wallonie !), celle dont les jeunes pousses de l’époque s’appelaient Laurette Onkelinx, Charles Picqué, Michel Daerden ou… Elio Di Rupo aux côtés des Robert Urbain, Philippe Moureaux, Valmy Féaux, Guy Spitaels ou Philippe Busquin. Une autre époque, une autre manière d’aborder la politique… c’était bien, c’était chouette dit la nostalgique.

Héritière d’une autre époque

Au départ, Laurette Onkelinx n’est qu’une "fille de" poussée par son père, Gaston, bourgmestre de Seraing, et surtout André Cools voulant s’assurer une fidèle dans une fédération délétère entre les rivalités des Cools, Dehousse, Mathot, Daerden,… Elle apparaîtra longtemps comme la dernière des coolsiens du PS, entre tonitruance, cœur sur la main et tripes sociales.

Au PS, elle détient deux records : le nombre d’années ministérielles sans discontinuer (22 entre 1992 et 2014) et du nombre d’années vice-premier ministre (15 ans, de 1999 à 2014). Sans doute aussi des records dans l’histoire politique du pays.

Bon gré mal gré, elle est devenue l’incarnation de la présence socialiste au pouvoir ; une omniprésence que les affaires qui ont éclaté depuis le début de l’année a remis en cause.

Samusocial

Publifin a plombé le PS dès le début de l’année. Dans ce dossier, elle s’est rapidement montrée intransigeante, demandant des démissions, s’attirant les foudres de Jean-Claude Marcourt,… son ancien chef de cabinet !

Quand a éclaté le scandale du Samusocial, Laurette Onkelinx est rapidement venue au secours d’Yvan Mayeur. Ce "cirque PS " ne l’a pas fait rire …

Dans le tourbillon, on mettra en cause sa famille, ses enfants ou le rôle du cabinet d’avocats de son mari, Marc Uyttendaele.

Ébranlée politiquement et personnellement, Laurette Onkelinx s’était donné l’été pour réfléchir dans un contexte plus large difficile pour le PS où le décumul pose question.

Femme sincère et passionnée, fière de ses convictions de gauche, toujours en première ligne, fidèle malgré les divergences, à Elio Di Rupo, elle pose indirectement la question de ce qu’est devenue la politique aujourd’hui et la manière d’en faire. Elle occupait une place unique dans le parti.

Laurette Onkelinx assurera enfin la transition d’un PS bruxellois mal en point (12% des intentions de vote, quatrième parti de la région-capitale) tout en laissant ouvertes toutes les questions sur la succession d’Elio Di Rupo.

Un changement d’époque est en marche. Ne restera qu’un peu de nostalgie.

@PhWalkowiak

Des 40 élus de 1987, trois sont encore actifs en politique au niveau national : Elio Di Rupo, Charles Picqué et Laurette Onkelinx ; Claude Eerdekens et Yvan Ylieff sont toujours bourgmestres de leur cité.

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