C'est pas moi, c'est l'OCAM

Difficile de savoir qui a ordonné la fermeture de ceci ou cela. L’usine à gaz qui nous sert de système institutionnel permet à chacun de se dédouaner à bon compte en fonction des récriminations des uns et des autres.

Niveau 4

Dans la foulée des évènements du 11 septembre, la coalition violette de Guy Verhofstadt (avec Laurette Onkelinx à la Justice et Patrick Dewael à l’Intérieur) décide en novembre 2004 de la création de l’OCAM (Organe de Coordination pour l’Analyse de la Menace) en remplacement des structures existantes mais le nouvel organisme ne verra le jour que fin 2006. A l’époque, et pour éviter que le politique n’ait à s’en mêler/porter la responsabilité, il est bien précisé que le niveau de menace est fixé par le seul nouvel Organe. Aux politiques à prendre les mesures qui en découlent…

Si en France, l’état d’exception est défini légalement par la loi depuis la Guerre d’Algérie, rien de tout cela n’existe chez nous. C’est la loi ordinaire qui s’applique ; au niveau 4 de la menace ne correspond pas non plus une " to do list ", cela reste à l’appréciation du politique voire de la police.

Et forcément en Belgique, c’est là que cela se complique puisque dans ce pays, il y a six gouvernements dont aucun n’a la prééminence sur les autres. Donc quand l’OCAM annonce une menace de niveau 4, le gouvernement fédéral peut prendre certaines mesures mais d’autres sont laissées à l’appréciation des zones de police locales, des bourgmestres ou en l’occurrence des ministres de l’Education. Le pays est organisé de manière telle que l’on aurait pu très bien assister à Bruxelles à des écoles flamandes ouvertes et des écoles francophones fermées (ou l’inverse) comme on a vu à Bruxelles, des bus De Lijn rester au dépôt et ceux de la STIB rouler !

Perplexité

Dès le week-end, le gouvernement fédéral faisait savoir qu’il n’était pas responsable de la fermeture des centres commerciaux mais qu’il fallait éviter les lieux de rassemblements. On précisait d’emblée que les écoles bruxelloises n’étaient pas des cibles privilégiées mais les autorités (les gouvernements flamand et de la Fédération Wallonie-Bruxelles) les ont toutes fait fermer. A Paris et à St-Denis, les établissements scolaires étaient restés ouverts.

A présent, c'est le ministre Reynders qui fait savoir à la télé US que des centres commerciaux étaient la cible... alors que son Premier Ministre a dit le contraire il y a quelques jours!

Le fédéral se défausse donc sur les autorités locales et communautaires pour certaines mesures (fermeture des commerces, théâtres, musées, etc…) la ministre de l’Education francophone renvoie aux zones de police ou au Conseil National de Sécurité… et la N-VA à l’ islamo-socialisme.

Le même constat a déjà été établi plusieurs fois ces dernières années: la dilution de l’autorité publique en Belgique entraîne automatiquement une dilution de la responsabilité et c’est peut-être cela qu’ont découvert les médias étrangers à l’occasion des suites belges des attentats parisiens qui dérangent tant nos responsables politiques. Mais, puisque c’est l’OCAM qui l’a décidé…

@PhWalkowiak

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