Budget fédéral : timidité et incertitudes

Atavisme de la politique belge, sans doute. La nouvelle coalition sous la houlette d’Alexander De Croo entendait agir autrement, faire de la politique différemment, montrer le visage de l’unité dans l’action et finalement, le premier véritable budget de cette législature n’a recouru qu’aux bonnes vieilles méthodes labellisées " années Dehaene " faites de claquements de porte, de menaces voilées, d’annonces sans effet, de réunions nocturnes interminables pour finalement déboucher sur le traditionnel tant-qu’il-n’y-a-pas-d’accord-sur-tout-il-n’y-a-d’accord-sur-rien, avec le zeste de dramaturgie de dernière minute !

Minimaliste

Mine de rien, ce gouvernement arrive déjà à mi-législature (au mieux) et ne se met que réellement au travail maintenant. La faute à une crise sanitaire sans précédent mais aussi à une très longue crise politique. Le dernier " véritable " budget fédéral remonte en fait à octobre… 2017 ! La chute prématurée du gouvernement Michel a ensuite engendré la plus longue période de " douzièmes provisoires " de notre histoire politique.

La Belgique est dorénavant remise sur les rails budgétaires. Après la dépression liée à la pandémie, la croissance est de retour. Mais nos finances publiques demeurent dans le rouge, au fédéral comme dans les régions et communautés. La prudence s’impose et l’objectif d’un taux d’emploi à 80% en 2030 une chimère.

Des premiers jalons sont posés comme la combinaison temporaire d’allocations de chômage avec un emploi en pénurie, la mobilité du travail entre régions ou enfin la prise en considération de l’ampleur du problème des travailleurs en maladie de longue durée ou du travail pour l'e-commerce.

Toutefois, dans ces deux dossiers, rien n’est décidé. Aux partenaires sociaux de voir.

Un peu de tout pour tous

Pour la première fois également, un gouvernement fédéral doit composer avec sept partenaires ; chacun a donc exhibé " son " trophée budgétaire bien plus que joué une partition à l’unisson.

Ainsi, les écologistes obtiennent une taxe sur les vols courts, qui ne rapportera rien ; les libéraux flamands que l’on touche au travail de soirée ou les socialistes que l’on ne touche pas aux chômeurs tout en acceptant d’ouvrir le délicat dossier des malades de longue durée, etc.

Mais il y a aussi tout ce qui ne s’y retrouve pas : la réforme des pensions, les aménagements de fin de carrière, la diminution réelle des émissions de CO2, la sortie du nucléaire, la réforme de l’état, la lutte contre la fraude fiscale, etc.

En somme, tous ces dossiers sur lesquels les sept partis de la coalition risquent bel et bien de se diviser jusqu’à l’exercice budgétaire prochain.

 

@PhWalkowiak

 

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