Bruxelles: le retour des tensions communautaires (qui n'étaient pas très loin...)

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Le communautaire devait rester au frigo le temps d’une législature mais si effectivement, on ne discute pas (officiellement) d’une nouvelle réforme de l’état, les tensions persistent au quotidien. La Belgique est ainsi faite.

Bruxelles

Nœud gordien des tensions à la belge, la Région bruxelloise se retrouve à nouveau en conflit avec la Flandre.

La ville de Bruxelles a d’abord eu la mauvaise idée de vouloir construire un stade "national" (dans un pays où ce mot n’a plus de sens commun) sur un terrain lui appartenant mais situé en Flandre. Malgré le volontarisme, l’acharnement, l’optimisme béat, la naïveté (biffer la mention inutile, s’il y en a une) du bourgmestre PS Yvan Mayeur et de son échevin MR Alain Courtois, les mêmes doutes qu’au départ du dossier pointent toujours.

Depuis le début, sourd en Flandre une certaine mauvaise volonté (euphémisme). Grimbergen, commune sur laquelle le stade sera construit, fait monter les enchères pour le rachat d’un sentier-fantôme, l’administration flamande remet un avis négatif sur la mobilité et la N-VA fait savoir que ce stade ne peut voir le jour. Vous pensez bien : un stade "belge" construit par des francophones sur le territoire sacré de la Flandre, le phantasme de la "tache d’huile" francophone revit !

Par contre, si les nationalistes souhaitent que le gouvernement flamand respecte le prescrit de son administration, ils contestent ce droit aux Bruxellois qui veulent simplement appliquer les normes de bruit prévues légalement pour le survol de la Région bruxelloise.

Climat général

L’intérêt unique de la Flandre reste l’unique boussole. Aux autres de s’y plier, au fédéral comme dans les autres régions.

La problématique des nuisances sonores reste insoluble. En septembre, le ministre Bellot (MR) annonçait une solution pour… début janvier. On est loin du compte. Le Comité de Concertation de ce mercredi n’a pu que renvoyer dos-à-dos Bruxelles et Flandre qui a déclenché une procédure en conflit d’intérêts, voulant empêcher la région-capitale d’imposer ses normes de bruit. Le développement économique pour la Flandre, les nuisances pour les Bruxellois.

Le Premier ministre a décidé de prendre le dossier à bras-le-corps, le fort électorat libéral de l’est de Bruxelles voir du Brabant wallon explique sans doute, en partie cela.

Il lui reste à fléchir la position flamande ou pousser les Bruxellois à tolérer les nuisances. Se fâcher avec ses alliés ou avec ses électeurs, en quelque sorte.

@PhWalkowiak

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