Bruxelles, la région où tout est normal

Bruxelles, la région où tout est normal
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Bruxelles est une éclaircie dans le brouillard. C’est donc, avec la communauté germanophone, le seul niveau de pouvoir où l’on voit clair. Et ce n’est pas pour rien, c’est le seul endroit où la coalition s’est choisie. PS-Ecolo-DéFI côté francophone, Groen-Vld-sp.a côté néerlandophone. Ceux-là avaient envie (prévu?) de travailler ensemble avant les élections, l’électeur leur en a donné la possibilité. Cette normalité est devenue anormale partout ailleurs. Car, partout ailleurs, les coalitions seront subies, seront des gouvernements où les partis y vont la mort dans l’âme ou parce qu’ils n’ont pas le choix.

Le rush libéral

Hier, l’Open Vld a fait le forcing pour le compte du MR. Cela a retardé le processus et aurait pu le faire capoter. Au fond, il n’y a pas de raison que ça marche à Bruxelles alors que ça ne marche pas ailleurs. D’après nos informations, les pressions sur Ecolo en particulier ont été assez fortes. Menaces de procédure en conflits d’intérêts sur des textes importants, menaces de blocage de l’accord par l’État-major du Vld, menaces de rétorsion en Wallonie ou en Fédération où le MR pourrait se montrer particulièrement exigeant.

Finalement, ça n’a pas fonctionné. Mais l’affaire va laisser des traces c’est clair. La négociation entre le MR, Ecolo et le PS en Fédération et en Wallonie sera encore un peu plus compliquée. C’est aussi vrai au fédéral. Bref, Bruxelles passe entre les gouttes, évite les écueils qui tirent la politique vers le bas partout ailleurs.

Cohérence politique

A partir du moment où les membres de la coalition se sont choisis, le contenu de l’accord apparaît relativement cohérent. Ce qui risque là aussi d’être bien différent en Wallonie ou au fédéral où les compromis risquent de rendre les choses illisibles.

L’accord sera présenté tout à l’heure, on n’a que les grandes lignes. Mais elles apparaissent en phase avec ce qu’a fait la majorité sortante. Les ruptures ne sont pas évidentes. Une région qui est d’abord une ville, avec une politique de mobilité où la voiture prend moins de place. La généralisation de la zone 30 est un symbole après la zone de basses émissions. Des investissements annoncés dans l’isolation des bâtiments, l’extension du métro, l’extension de la garantie jeune à tous les nouveaux inscrits chez Actiris.

Certains sujets vont faire polémique, c’est le cas de tout ce qui touche à la mobilité, comme c’est le cas depuis plusieurs années. Rien que du normal en fin de compte. De la politique normale, avec Rudy Vervoort, ministre président normal. Et à partir du moment où l’on se dit que c’est normal, c’est parce qu’on se rend compte que ça ne l’est pas. Ce qui se passe à Bruxelles est devenu anormal. La norme c’est la confusion, les tensions et les blocages.

Bruxelles, qui est la région la plus complexe, où les deux communautés sont obligées de coopérer repoussant les lois de la logique politique. Bruxelles qui côtoie le Liban au top du hit-parade des systèmes les plus tordus devient un îlot de normalité. C’est tout sauf normal.

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