Bruxelles: la méfiance pour sauver la confiance de la défiance

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La vie politique bruxelloise, tant au gouvernement qu’au parlement, a longtemps été un long fleuve tranquille entre affabilité, courtoisie et complicité, au ronronnement d’une sous-préfecture assoupie. Puis, il y eut le Samusocial et le 19 juin.

Bastogne loin de Bruxelles

Quand il décrète que le PS est infréquentable dans tous les gouvernements, Benoît Lutgen est loin d’imaginer que trois mois plus tard le cdH va devoir voter la confiance en un ministre-président socialiste !

C’est aussi la revanche de Rudi Vervoort, éternel second rôle de la politique bruxelloise, mal aimé des voix de préférence et des ténors de son parti.

Avec les retraits de Philippe Moureaux et Charles Picqué, le PS de la Région-Bruxelloise, c’était Laurette Onkelinx et Yvan Mayeur avant tout … ou plutôt avant le Samusocial. Du piétonnier au stade national, la Région a été laissée de côté. La chute spectaculaire d’Yvan Mayeur a entraîné en partie le retrait de Laurette Onkelinx ; Rudi Vervoort aura rapidement pris ses distances, marqué sa défiance, poussant le bourgmestre de Bruxelles vers la sortie.

Pour avoir ignoré les réalités bruxelloises, que le cdH local ne correspond pas tout à fait au PSC luxembourgeois ou que les partis flamands ne pouvaient être négligés, Benoît Lutgen s’est fait damer le pion par Olivier Maingain et désormais, même Rudi Vervoort peut siffler la fin de la récréation et mettre les démocrates-humanistes devant leurs contradictions.

Avec les communales et les régionales en point de mire

Condamnés à s’entendre, PS et cdH ont un autre point commun : leur mauvaise santé dans les intentions de vote. Avec respectivement 12% et 6%, les deux formations ne peuvent peser valablement dans une future hypothétique coalition bruxelloise. Cela pourrait également laisser des traces dans les alliances communales.

Actuellement, le MR, sans rien faire, et DéFI, grâce à l’habileté de leur président qui arrive à se faire passer pour un homme neuf après 22 ans de mandat à la tête du parti, empocheraient la mise.

Le cdH, après son succès wallon, doit à présent digérer ses échecs à Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles. Le parti (on le répète depuis des années) joue sa survie et il ne peut plus compter que sur le temps pour tenter de sauver ce qui peut l’être encore. Il ne peut compter que sur lui-même, PS et même MR ne lui feront pas de cadeau. Méfiance…

 

@PhWalkowiak

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