Bruxelles enfermée

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Les problèmes de mobilité autour de/dans Bruxelles sont finalement autant liés à un sous-financement structurel qu’au salmigondis institutionnel dans lequel se débat la Région Capitale.

Une régionalisation ratée

En 1989, la région bruxelloise est créée et les Travaux Publics sont régionalisés. Cette énorme administration est celle qui dès les années 50 a imposé, poussée par les politiques, ce " tout à la voiture " qui avait l’ambition de faire de Bruxelles et de la Belgique une grande métropole comme on en voyait aux USA.

Place aux autoroutes jusqu’au centre-ville, aux grands axes routiers qui permettent d’entrer et de sortir rapidement de la ville. Et tant pis pour les Bruxellois qui ont vu des vieux quartiers entièrement rasés pour faire place à un mégalo Manhatthaneke dans le quartier Nord ou aux institutions européennes.

La voiture est devenue à présent la mérule des centres urbains. Partout en Europe, tout est fait pour en dissuader l’usage, allant même à Londres jusqu’au péage pour entrer en ville.

Mais une telle politique n’est pas possible sans une véritable alternative ou sans une large vision. Comme bien souvent en Belgique, on a fait l’un sans faire l’autre… et inversement.

Une métropole qui n’en est pas une

C’est le résultat de la phobie flamande de la brusselse olievlek, l’extension francophone vers la Flandre : Bruxelles a été enfermée dans ses 19 communes, derrière un ring routier géré essentiellement par la seule Flandre. Cela doit être la seule capitale au monde qui ne peut même pas gérer son périph’ !

De même la STIB ne peut étendre son réseau au-delà de ces mêmes limites alors que De Lijn dessert le centre de Bruxelles et dispose même de dépôts dans la capitale.

La dernière réforme de l’état a " offert " aux Francophones en compensation de la scission de BHV la constitution d’une " Communauté Métropolitaine " reprenant l’hinterland de la capitale. Cet organisme de concertation est censé se pencher sur des matières d'importance transrégionale telles que la mobilité, la sécurité routière et les travaux routiers dans et autour de Bruxelles. Soit l’exact problème de l’heure.

Mais pour que cet organisme voie le jour, il faut que fédéral et Flandre le veuillent et comme la N-VA n’a pas souscrit au projet, celui-ci attend dans ce bon vieux frigo institutionnel rebranché pour l’occasion.

Les Francophones sont sans doute une fois de plus, fait berner.

Bruxelles présente le paradoxe d’être une des régions les plus riches d’Europe tout en étant l’une des capitales au chômage le plus élevé (19%).

Mais entre une Flandre qui entend la garder sous tutelle et une Wallonie indifférente qui lui rend sans doute le mépris que la capitale a envers elle, Bruxelles ne dispose pas que d’atouts et surtout pas des moyens qui lui seraient nécessaire.

@PhWalkowiak

 

 

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