MR: on divorce ou on fait semblant?

Bruxelles en clair-obscur: MR: on divorce ou on fait semblant?
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L’accord intervenu sur la scission de BHV cristallise un peu plus – si besoin était – les tensions au sein du Mouvement réformateur entre libéraux bruxellois et FDF. Les noms d’oiseaux volent bas, chaque sortie médiatique d’Olivier Maingain s’accompagnant d’un rappel à l’ordre, par voie de presse, de la part des cadors libéraux. Pas idéal pour la cohésion des troupes.

La sortie du sénateur-bourgmestre d’Uccle, Armand De Decker, qui préfère sauver la Belgique plutôt que de sauver l’alliance avec le FDF, a marqué les esprits. Est-on pour autant au bord de la rupture? Pas sûr.
D’abord, ce n’est pas la première fois que les deux partenaires au sein du MR s’envoient la vaisselle à la tête. Lors de la réforme de l’état de 2001, déjà, le FDF avait clairement exprimé son désaccord en votant « non » à la Chambre, malgré la participation de la Fédération PRL-FDF-MCC au gouvernement fédéral. Pour autant, la Fédération avait survécu.
Nous sommes sans doute un pas plus loin dans l’escalade, quand Olivier Maingain menace de divorcer d’avec le MR si son président, Charles Michel, n’essaie pas d’améliorer l’accord conclu sur BHV, hypothèse hautement improbable. Le FDF peut-il se permettre pareil chantage? A-t-il les moyens de ses "ambitions"? A un an des élections communales, son président joue gros. Il ne crée pas le climat idéal pour une confection des listes électorales tenant compte du poids du FDF.
Si, dans certains fiefs, le parti amarante est sur du velours, dans d’autres, ses ténors apparaissent plus fragiles, davantage à la merci de leur allié libéral (à Boitsfort et à Schaerbeek). Bien sûr, si les élus libéraux sont prompts à se plaindre à leur régionale en cas de problèmes dans leur commune, ils sont sans doute plus rétifs à accepter sans broncher les oukazes venant d’en-haut, dans l’hypothèse où il viendrait à l’idée des Libéraux Bruxellois de rompre les alliances avec le FDF dans des communes où le mayorat du FDF dépend de la présence des LB (partout, sauf à Auderghem).

Ecolo n’arrive pas à bon Port

Il n’y a pas qu’au sein du MR que règne une sale ambiance. Chez Ecolo, cela se joue à une échelle plus réduite, mais les tensions existent aussi. Charles Jonet, le président du CA du Port de Bruxelles, un para-régional, a envoyé récemment sa lettre de démission au gouvernement. Il y exprime clairement son désaccord avec la ligne politique de son parti, Ecolo, concernant l’avenir des activités portuaires le long du Quai Béco, notamment. Voila un mandataire politique nommé à la tête d’un organisme public qui préfère la loyauté à son institution à la soumission à la ligne du parti, au point de démissionner. Certes, Charles Jonet est inconnu du grand public et n’incarne pas un grand format des Verts bruxellois, mais sa démission ternit quelque peu l’image d’un parti qui se flatte de "gouverner autrement".

Le Fonds du Logement bégaie sa communication

Le secrétaire d’Etat au Logement, Christos Doulkeridis (Ecolo), a présenté, récemment, sa dernière initiative: le prêt Booster. Un prêt à taux avantageux pour les ménages à revenus moyens désireux d’accéder à la propriété, mais incapables de payer les taux d’intérêts réclamés par les banques. Les moins de 35 ans constituent une cible privilégiée et bénéficient de taux plus réduits encore. Une idée sympathique quelque peu cochonnée par la communication du Fonds du Logement, l’organisme régional chargé de la mise en œuvre du prêt.

Avec l’aide d’une agence de com’, le Fonds du Logement s’est dit qu’un bon exemple concret valait mieux qu’un long baratin aux journalistes. Bien vu. Sauf que les exemples choisis témoignent à la fois d’une certaine maladresse et d’une méconnaissance de la réalité. Dans l’exemple du Fonds, un couple aux revenus annuels imposables de 28.000 euros convoite un "chouette duplex de 115 mètres carrés, en bon état, à Ixelles. Prix d’achat: 225 000 euros".

Lecteur de cette chronique, pas d’emballement: un "chouette duplex" de cette taille et à ce prix, à Ixelles, cela n’existe pas. Ou alors, qu’on m’en révèle l’adresse, j’achète. Enfin, dans les exemples du Fonds, Monsieur gagne toujours plus que Madame. "C’est statistique, c’est le cas de figure que nous rencontrons dans nos dossiers", se défend la directrice du Fonds du Logement.

Sans doute, mais de la part d’un organisme public, un message moins statistiquement correct mais plus politiquement émancipateur aurait sans doute été plus judicieux. Christos Doulkeridis ne s’y est d’ailleurs pas trompé, ajoutant "ou l’inverse" lors de l’énoncé des revenus respectifs de Madame et de Monsieur par le représentant du Fonds du Logement. Finement joué.

P. Carlot

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