Belgique: un pays aux urgences ? Non, peut-être !

Au 444ème jour de la crise, le Palais décréta l’urgence [1].

Les affaires courantes se poursuivent de plus belle, le pays a voté il y a près de dix mois et le roi en est réduit à charger les n° 2 et 3 de l’ordre protocolaire de continuer à prendre les initiatives nécessaires en vue de la mise sur pied rapide d’un gouvernement. Celui-ci s’attellera en priorité à répondre aux problèmes urgents auxquels notre pays doit faire face. Sans que finalement, on ne sache par quel bout prendre l’esquisse d’un frémissement de début d’une éventuelle hypothétique négociation en vue de former un gouvernement fédéral.

Urgences

L’épidémie de coronavirus, l’effondrement des bourses et des prix pétroliers, la crise migratoire, le gouffre budgétaire, le Brexit qui s’enlise voire la sortie incertaine du nucléaire, l’heure est à présent aux dossiers urgents même si le temps de négocier un programme de gouvernement, l’épidémie risque d’être terminée.

Initialement, Sabine Laruelle et Patrick Dewael devaient, selon le roi, prendre les contacts politiques nécessaires permettant la mise en place d’un gouvernement de plein exercice. Clairement, ce cadre fixé le 19 février a été modifié. Place aux urgences… en croisant les doigts pour que celles-ci infléchissent les positions des uns et des autres.

Les deux présidents d’assemblée ont essentiellement travaillé à jeter les bases d’une coalition réunissant socialistes, libéraux et écologistes en y adjoignant le seul CD&V. Celui-ci s’est arc-bouté : il faut une majorité côté flamand et donc intégrer la N-VA.

ma non troppo

Cette volonté d’une double majorité n’est pas illégitime ; le PS l’a assez rappelé pendant cinq ans sous le gouvernement Michel.

La mise sous cloche de l’Italie pèse aussi mais l’incertitude économique touche bien plus encore la Belgique. Tout cela est utilisé pour mettre la pression sur le CD&V, pour que celui-ci finisse par craquer et lâcher son " grand frère " nationaliste.

Les chrétiens-démocrates restent traumatisés par la pire défaite électorale de leur histoire. Difficile à vivre pour une famille politique qui a " fait " l’histoire du pays et de la Flandre pendant plus de 150 ans. Quand on lui parle d’urgences, le CD&V répond pouvoir d’achat, IVG ou réforme de l’état.

Le Palais donne une semaine au tandem Laruelle-Dewael pour contraindre le CD&V qui s’est placé dans une position telle qu’il ne peut plus se dédire, quelle que soit l’urgence.

Dans une semaine, la Belgique s’enfoncera encore plus dans la crise.

Si, si, c’est possible et au diable, les urgences.

 

@PhWalkowiak

 

 

[1] Compteur déclenché le 21 décembre 2018 quand le roi Philippe accepta la démission du gouvernement Michel, entamant ainsi les " affaires courantes "

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