Belgique, terre de cumuls

En secret, éloignés des cercles parlementaires ou gouvernementaux, trois présidents de parti ont donc décidé de mettre fin à l’ " exception wallonne " en matière de cumul de mandats publics. Exception sur le territoire du petit Royaume de Belgique, s’entend. En Europe, nous faisons figure d’… exception, même par rapport à la France. Pour rappel, dans ce pays où le cumul est largement pratiqué, Jean-Marc Ayrault a dû démissionner complètement de sa charge de maire de Nantes pour devenir Premier Ministre, sans la retrouver après avoir quitté Matignon. En Italie, il faut purement et simplement démissionner de sa fonction locale avant de se présenter aux législatives.

Chez nous, pour la deuxième fois de suite, le Premier Ministre est aussi bourgmestre. Le chef du gouvernement belge aussi à la tête d’une localité, cela ne s’est jamais vu depuis 1831 !

Timide exception wallonne

Dans la grande majorité des pays, cumuler une fonction locale avec un mandat dans une assemblée plus large est vécu comme un risque de localisme et de perte de l’intérêt général. On n’imagine même être membre d’un exécutif. Chez nous, le ministre Furlan a la tutelle sur le bourgmestre Furlan comme le ministre Jambon sur le bourgmestre Jambon.

Depuis les années 90, la Belgique a réduit les cumuls mais en évitant d’aller trop loin. Partout, ce fut bourgmestre en titre ou empêché. Poudre aux yeux qui dissimule mal la personne qui détient le pouvoir réel.

Sous la pression d’Ecolo, auréolé de son succès électoral de 2009, le parlement wallon a fini par adopter un système alambiqué sur base de taux de pénétration, un monstre législatif illisible pour le citoyen d’autant qu’au fédéral ou même à Bruxelles, personne, Flandre en tête, ne voulait entendre parler d’un nouveau décumul. La Wallonie avançait seule mais la particratie qui nous gouverne allait finir par la rattraper. Fini l’angélisme béat d’Ecolo, place à une règle claire… et au cumul assumé.

Cumul admis

Sans véritable enquête sérieuse, il est généralement admis que le cumul est généralement mal vu du citoyen-électeur… sauf apparemment quand il s’agit de son propre bourgmestre dont on apprécie l’ action de parlementaire voire de ministre, au vu des retombées pour la commune.

Un bourgmestre " cumulard " est finalement vécu par ses concitoyens comme une " bonne chose " pour la commune. Aucun n’a vu son score électoral… que du contraire !

En matière de cumul, il n’y a qu’une seule règle qui vaille : le proscrire ou l’autoriser avec les mêmes règles dans les trois régions et au fédéral.

Le reste n’est qu’hypocrisie.

 

@PhWalkowiak

 

 

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