Belgique : l'incertitude du monde d'après

Le Conseil National de Sécurité reste dans le cadre fixé. Cette fois seule à parler, Sophie Wilmès n’a fait que confirmer l’échéancier déjà décidé. Au jour le jour, très peu de perspectives et quelques incohérences. Le mérite de la transparence. On ne sait pas de quoi l’avenir sera fait, la Première l’assume. Il n’y aura probablement pas de retour à la normale pour l’été.

Incertitude sanitaire

La Belgique déconfine. Progressivement. Les entreprises, les commerces et bientôt une reprise aussi timide que très encadrée des cours, la réouverture des musées, des coiffeurs, des centres d’esthétiques et des parcs animaliers. Après le kayak et le tennis, seul le lancement du marteau paraît praticable en sport mais au moins une certaine activité sportive et donc sociale renaît. Et puis on croise les doigts et on laisse passer 14 jours pour évaluer l’effet sanitaire de tout cela !

Rendez-vous un peu avant le 8 juin pour découvrir de quoi votre été sera fait.

Incertitude économique

Brussels Airlines en tête de gondole du tsunami économique et social qui s’annonce. La Belgique comptait en mars grosso modo 330.000 chômeurs. Il pourrait en avoir 180.000 de plus pour la fin de l’année ! 55% de chômeurs en plus, essentiellement dans l’Horeca, les services ou la Culture. 900.000 personnes viennent d’être touchées ou le sont encore par le chômage temporaire provoqué par la pandémie.

D’ici un an ou plus, les économistes s’attendent à un retour à "la normale". Mais sera-ce le cas ? L’environnement économique retrouvera-t-il les mêmes contours ? Qui va payer la facture budgétaire ? En Belgique, le déficit 2020 pour les pouvoirs publics dépassera les 30 milliards. Avec quelles conséquences sur les politiques à mener ?

Incertitude politique

L’arrivée de l’été coïncidera avec la fin des pouvoirs spéciaux pour Wilmès 2. Un gouvernement en sursis certes, mais un sursis appeler à durer tant les divergences concrétisées par les élections du 26 mai 2019 durent encore et encore. La confiance à l’actuel gouvernement fédéral est assortie d’une date de péremption : septembre prochain.

L’épidémie semble l’avoir fait oublier mais la Belgique ne dispose toujours pas d’un "véritable" gouvernement fédéral dont l’action repose sur un large programme et un budget dûment voté à la Chambre. Il n’y a d’ailleurs plus de budget depuis fin… 2018 et la version 2021 devient jour après jour plus hypothétique.

Bart De Wever se relance dans une énième opération de gouvernement avec le PS. Ce dernier renâcle toujours et doit toujours digérer les tensions entre la direction du parti et ses cadres.

L’été verra-t-il la reprise des caucus ? Le Palais remettra-t-il bientôt en selle des informateurs (on y a pris goût aux duos, semble-t-il) ? De nouvelles élections finiront-elles par s’imposer même si aller voter sans avoir pu mettre un gouvernement sur pied donnera une indication de la profondeur de la crise institutionnelle ?

La seule certitude : le monde d’après sera rempli d’incertitudes, et sans doute en Belgique plus qu’ailleurs.

 

@PhWalkowiak

 

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