Bart De Wever se met en grève politique

Bart De Wever se met en grève politique
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Bart De Wever fait la grève de la formation au niveau flamand, il attend le fédéral. C’est un geste que pas grand monde, en fait personne, n’avait vu venir. Bart De Wever, le nationaliste, vient de subordonner la formation d’un gouvernement flamand à celle du niveau fédéral. Il vient de reconnaître que la région est secondaire face au fédéral, ou encore dit autrement que la force de gravité du fédéral reste plus forte que celle des régions. Mais pourquoi donc un nationaliste flamand, l’homme le plus puissant de Flandre, ferait-il une chose pareille ? Un tel aveu de faiblesse est incompréhensible. C’est donc que l’explication est ailleurs. En réalité, Bart De Wever a fait comme les syndicalistes de la FGTB rompus à l’épreuve de force, il s’est mis en grève. En grève politique…

C’est quoi l’objectif de cette grève ?

C’est toujours le même, obtenir la meilleure situation pour la N-VA et atteindre son principal objectif, le confédéralisme. Cette grève de la formation en Flandre est en réalité d’abord une grève du niveau fédéral. Le problème est que la N-VA veut savoir si l’Open Vld ou le CD&V va jouer au "mauvais flamand" en cherchant à contourner les nationalistes au niveau fédéral. Or, le Vld et le CD&V veulent que la N-VA parle au PS. Le PS a dit non. On en revient au point de départ, la N-VA attend donc de voir ce que vont faire le Vld et le CD&V. Elle attend de voir si elle doit les punir ou pas. En formant rapidement un gouvernement flamand, la N-VA se serait privée d’un levier pour imposer le confédéralisme.

Combien de temps ?

En tout cas jusqu’à la fin du mois de juillet, date du rapport attendu des informateurs royaux. La N-VA va tout faire pour rendre la vie impossible aux partis flamands qui voudront se passer d’elle au fédéral et pactiser avec le PS. Cette grève ne devrait étonner personne. Bart De Wever avait déjà bien résumé sa philosophie quant à la formation du gouvernement fédéral en 2007, à l’époque de l’échec de l’orange bleue.

C’est une période bonne pour moi. Chaque jour, il y a plus de séparatistes en Flandre. Si on ne parvient plus à former un gouvernement belge, pour moi il n’y a pas de problème du tout.

Le parallèle avec la grève s’arrête ici. Car une grève syndicale a pour objectif de mettre la pression sur l’employeur, pas de tuer l’entreprise. Ici, il s’agit plus d’une stratégie du pourrissement voire d’une politique de la terre brûlée. L’histoire lui a donné raison. La terre brûlée a permis à son parti de devenir le premier parti du pays en 2010. Après cela, Bart De Wever refuse de s’engager dans la sixième réforme de l’Etat, la terre brûlée encore, la N-VA sera plus forte en 2014. Durant quatre ans alors il abandonne la terre brûlée avec la Suédoise avant d’y revenir 6 mois avant les élections. Il quitte le gouvernement avec fracas pour renouer avec le pourrissement. En 2019, il limite la casse et reste premier parti avec le Vlaams Belang dans le dos.

Le Vld et le CD&V sont donc légitimement tétanisés par l’efficacité de la stratégie de la terre brûlée. Bart De Wever le sait. Il n’a aucune raison stratégique de s’en priver. Depuis 2007, ses adversaires attendent que la terre brûlée se retourne contre lui. Ils attendent toujours…

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