Bart De Wever, les gentils, les méchants

Bart De Wever, les gentils, les méchants
Bart De Wever, les gentils, les méchants - © Tous droits réservés

Bart de Wever fait une offre au PS pour former un gouvernement. Il apparaît constructif et volontaire. C’est l’évènement du week-end. Il y a comme un air de la chanson de Michel Fugain : Les gentils, les méchants.

Qui tend la main le samedi ? Les gentils.

Qui qualifie de “traître” les libéraux flamands ? Les méchants.

Qui souhaite une politique sociale forte pardi ? Les gentils.

Qui trouve les Wallons passifs en passant ? Les méchants

Qui veut la stabilité du pays et ne parle plus d’une réforme de l’état le samedi ? Les gentils.

Qui veut laver les dents des socialistes avec du dentifrice flamand ? Les méchants.

C’est comme ça Bart De Wever, parfois il est gentil. Bart De Wever parfois il est méchant. Mais là, il est gentil. Parfois il est un méchant gentil, parfois un gentil méchant.

Faut-il croire Bart De Wever ?

Aujourd’hui la question c’est : est-ce que les possibles partenaires flamands et francophones peuvent leur croire ? La réponse est assez polarisée. Côté francophone, a moins d’êtres complètement naïfs, pas grand monde n’y croira. Au PS en premier lieu. Elio di Rupo, le ministre président Wallon a déjà dit qu’il ne croyait pas à la sincérité de la N-VA. Au MR, même musique. Pierre Yves Jeholet le ministre président francophone a qualifié les propos de Bart de Wever de "Mielleux".

Côté flamand, c’est plus contrasté. Du côté des socialistes flamands elle est plutôt bien accueillie, par Conner Rousseau le nouveau président. Par Johan Vande Lanotte, l’ancien, qui estime que l’offre de Bart de Wever ne peut être ignorée. Le CD & V applaudit, il n’y a plus que lui qui y croit vraiment. Le VLD, agoni d’attaque tout le week-end refuse toujours un front flamand et attend que ça passe.

Que faire ?

A cette question : faut-il y croire ? La réponse de la classe politique francophone est clairement non. Du coup la question devient, que faut-il faire ? Que faut-il faire avec le gentil Bart de Wever et de cette main tendue tardive et peu crédible? Elle ne peut être ignorée. Même si elle est tardive et non crédible. Elle ne peut être ignorée sous peine de voir Bart De Wever triompher dans son projet : la victimisation. La victimisation qui doit justifier la stratégie de repli sur la Flandre entamée par la N-VA autour du pacte de Marrakech, stratégie qui a fait tomber le gouvernement.

Elle ne peut réussir cette stratégie que si la N-VA est jetée du fédéral par les francophones. Les partis flamands qui accepteraient ce rejet seront automatiquement qualifiés de “traîtres”. Une trahison a côté de laquelle Pearl Harbor n’est qu’un détail de l’histoire. (Pour ceux qui ont oublié, c’est comme ça que Bart de Wever a qualifié le choix du VLD d’entrer dans une discussion avec Paul Magnette).

D’ailleurs le "gentil méchant" Bart de Wever l’a dit aussi dans ses vœux. Après le passage gentil, il y a eu le passage méchant sur le VLD et cette menace : "Quiconque forme un gouvernement sans nous va vite en enfer au lieu de lentement monter vers le ciel".

Bref méchant gentil ou gentil méchant ? Pour le savoir il n’y a sans doute qu’un moyen refusé jusqu’ici par les francophones. Un moyen rendu incontournable par l’attitude du CD & V : laisser Bart de Wever prendre la main, le laisser prendre la tête d’une mission d’information. Qu’il mette noir sur blanc son gentil projet. Qu’il soit gentil avec ses partenaires. “We Zullen Zien”. On verra ça s’il ne fait ça que le samedi, le gentil, ou s’il fait ça n’importe quand, le méchant. 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK