Bart De Pauw: une affaire Harvey Weinstein flamande?

Joyce Azar, journaliste à la VRT
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Dans sa chronique "Vu de Flandre", ce mercredi matin sur La Première, la journaliste de la VRT Joyce Azar, a évoqué le cas de Bart De Pauw, ce réalisateur de télévision visé par des plaintes pour "comportements déplacés".

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L’annonce a eu l’effet d’une bombe au nord du pays. Le célébrissime Bart De Pauw, connu en Flandre pour ses talents de réalisateur, d’acteur et de présentateur, ne travaillera plus pour la VRT. Après 30 ans de collaboration, le service public a décidé de rompre son contrat. En cause : une série de témoignages de femmes l’accusant de harcèlement et de comportement inapproprié.

Si certains considèrent qu’il s’agit là de "l’affaire Weinstein flamande", il faut tout de même relever des différences notables. Il n’y aurait pas eu d’agressions sexuelles, mais bien l’envoi de centaines de sms, parfois pornographiques. Bart De Pauw aurait été jusqu’à se rendre au domicile de certaines de celles qui affirment être ses victimes. Au total elles seraient une dizaine, la plupart sont des actrices. Mais contrairement à Hollywood, elles tiennent à tout prix à garder l’anonymat.

Stratégie de communication

Au-delà du scandale, les médias flamands ont aussi été frappés par la manière dont l’affaire a été communiquée, puisque c’est Bart De Pauw, lui-même, qui l’a annoncée au public.

On sait aujourd’hui que la star a fait appel au bureau Whyte, une agence spécialisée dans la communication de crise. C’est elle qui aurait conseillé à Bart De Pauw de prendre les devants en diffusant sur internet une vidéo dans laquelle il annonce la décision de la VRT et où il clame son innocence.

La stratégie semble avoir fonctionné puisque de nombreux messages de soutien ont foisonné sur les réseaux sociaux. Un certain nombre d’entre eux ont toutefois semé le doute. D’après plusieurs médias flamands, une vingtaine de faux comptes Twitter — tous anonymes — auraient été créés depuis que l’affaire a éclaté. Ces comptes ont principalement diffusé des tweets en faveur de Bart De Pauw et contre la VRT, avec l’utilisation de hashtags pour permettre une meilleure propagation des messages.

Pour Bart De Wever, "les gens méritent une deuxième chance"

Dans les médias aussi, les réactions ont été très nombreuses. Bart De Wever a par exemple dénoncé sur le plateau de l’émission "De Afspraak" les dangers de ce qu’il considère être un "procès médiatique" dans lequel le public a pris le rôle du juge.

Le président de la N-VA a notamment évoqué l’affaire Pol Van Den Driessche, ce représentant N-VA qui avait quitté la scène politique en 2012 après avoir été accusé d’intimidation sexuelle. Selon Bart De Wever, rien n’a pu être prouvé, ce qui permet aujourd’hui à l’intéressé d’être à nouveau tête de liste à Bruges.

Pour le leader des nationalistes flamands, "les gens méritent une deuxième chance". Pas sûr que la VRT offrira une telle opportunité à Bart De Pauw. Mais ce dernier ne doit pas trop s’en inquiéter : le réalisateur continuera à travailler pour la chaîne commerciale VIER. Du moins jusqu’à ce que l’enquête lancée par le parquet de Malines en dévoile un peu plus sur cette sombre affaire.

Extrait de l'intervention de Bart De Wever dans "De Afspraak", le lundi 13 novembre 2017

Sujet sur l'affaire Bart De Pauw dans le journal télévisé du lundi 13 novembre 2017

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