​​​​​​​"Baby Driver", fils spirituel de Quentin Tarantino

L'acteur Ansel Elgort lors de la première européenne de "Baby Driver" à Londres.
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L'acteur Ansel Elgort lors de la première européenne de "Baby Driver" à Londres. - © Tim P. Whitby - AFP

Après un mois de juillet dominé par le triomphe de Christopher Nolan avec "Dunkerque" et le naufrage de Luc Besson avec "Valérian" (échec cuisant du film aux USA), le mois d’août démarre avec "Baby Driver" d’Edgar Wright.

Baby Driver

"Baby Driver", c’était le titre d’une chanson de Simon et Garfunkel. Dans le film d’Edgar Wright, Baby est le surnom d’un garçon qui sert de chauffeur pour une bande de malfrats qui commet des braquages. La particularité de Baby ? Comme il souffre d’acouphènes, il vit en permanence avec des écouteurs dans les oreilles, et vit sa vie au rythme de sa playlist. Ce garçon qui vit dans sa bulle voit son quotidien changer lorsqu’il rencontre une charmante serveuse qui lui donne envie de quitter sa bande de criminels. Mais on ne change pas de vie d’un coup de baguette magique.

Edgar Wright a écrit cette comédie policière en écoutant ses morceaux de chevet, c’est donc la musique qui a dicté le rythme et la tonalité du film. "Baby Driver" lorgne clairement vers le cinéma de Tarantino, car on y retrouve les mêmes ingrédients: une bande originale décoiffante, un humour au second degré et une mise en scène trépidante. C’est efficace, mais on peut regretter l’époque où le réalisateur britannique Edgar Wright travaillait avec ses compatriotes Simon Pegg et Nick Frost pour livrer des comédies parodiques plus originales comme "Hot Fuzz" ou "Shaun of the dead".

Cherchez la femme

Armand et Leila, tous deux étudiants à Science Po, sont amoureux. Mais ils ont chacun un passé familial très différent : Armand est le fils d’un couple iranien très progressiste, installé en France depuis des années, tandis que Leila est d’origine maghrébine. Et quand celle-ci voit Mahmoud, son grand frère, revenir radicalisé après un séjour au Yémen, son quotidien change : Mahmoud interdit à Leila de fréquenter des garçons et veut faire d’elle une "bonne musulmane". Pour pouvoir continuer à voir Leila chez elle, Armand imagine un stratagème insensé : il se déguise en femme en portant une burqa qui cache son visage…

La réalisatrice Sou Abadi ose traiter d’un thème épineux, la radicalisation religieuse, par le biais de la comédie. Elle trouve le ton juste, évite le mauvais goût, flirte avec un certain brio avec le "politiquement incorrect". Mais elle s’affirme plus comme scénariste que comme réalisatrice ; sa mise en scène manque un peu de style et d’envergure. Néanmoins, "Cherchez la femme" traite sans détour d’un vrai sujet, c’est suffisamment rare dans le paysage de la comédie française pour mériter d’être signalé.

Pilgrimage

Dans l’Irlande du XIIIème Siècle, des moines détenteurs d’une relique héritée d’un apôtre sont mandatés pour acheminer leur précieux trésor vers Rome, car ladite relique pourrait donner un coup de fouet pour une nouvelle croisade vers Jérusalem… Un voyage évidemment semé d’embûches.

Le réalisateur Brendan Muldowney veut, avec "Pilgrimage", à la fois signer un grand film épique et une réflexion sur la foi et les guerres de religion… Mais il n’a pas les moyens de sa politique : si la photo de son film est magnifique, l’odyssée qu’il dépeint manque d’ampleur et de véritables rebondissements. Résultat : ce film solennel, qui se prend redoutablement au sérieux, ne tarde pas à plonger le spectateur, même le plus curieux, dans un ennui tenace.

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