Avis de gros temps sur l'été politique

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Si vous avez aimé la Saison 1 de " PS-NVA, c’est sûr que ce n’est pas possible ? " ou de " Combien d’ingrédients pour une bonne Vivaldi ? " vous risquez d’adorer la Saison 2, même si cela reste une mauvaise production indigeste.

Première Ministre sur un malentendu

Quand Sophie Wilmès devient Première Ministre le 27 octobre 2019, la surprise vient bien plus du timing que du nom. Charles Michel s’était engagé à rester jusqu’à début décembre, il passe la main plus tôt que prévu pour ce qu’on ne pense qu’être un intérim discret à la seule personnalité du parti qui fasse quelque peu consensus. Avec les départs de ses figures de proue, le MR est démuni. Va donc pour Sophie Wilmès. L’essentiel de la politique fédérale se situe alors ailleurs ; depuis des mois le pays se cherche une nouvelle coalition fédérale. Sans succès, sans la moindre véritable négociation. Les préliminaires s’éternisent, comme les affaires courantes. Depuis des mois, la même impossibilité tourne : former une coalition autour du PS et de la N-VA. Les informateurs défilent, une même conclusion s’impose : impossible. L’arrivée de Georges-Louis Bouchez à la tête du MR donne corps à une alternative : une coalition " Quatre Saisons " regroupant libéraux, socialistes, écologistes et le CD&V. Problème existentiel : cette coalition est minoritaire en Flandre et une N-VA désormais supplantée dans les intentions de vote par le Vlaams Belang, en fait un casus belli intraflamand.

Alors que la mission Dewael-Laruelle patinait, intervint la pandémie. Pause. Le gouvernement Wilmès se voyait réanimé et doté de pouvoirs spéciaux. Du bout des lèvres et pour une période ultra-temporaire. Trois mois, renouvelable une fois.

Bouchez tape sur les nerfs en Flandre

L’entente cordiale n’est que de façade ; Sophie Wilmès reste sous la méfiance d’ECOLO, du PS ou de la N-VA, embarqués dans cette aventure sous la contrainte des évènements. De plus, cet exécutif Wilmès 2 ne dispose que du coronavirus pour seul et unique programme. Cela ne fait pas un gouvernement à même de diriger un pays pour des mois et des années. Le rôle de la Première Ministre demeure très corseté entre exigences fédérées et contraintes du Conseil National de Sécurité. Le rôle est ingrat.

Tout cela n’empêche pas les partis d’avancer leurs pions en coulisses. La séquence est profitable aux libéraux (11 ministres sur 14) et singulièrement au MR (7 ministres pour 14 députés).

Le " super-kern " du samedi où se retrouvent tous les partis soutenant l’action fédérale ne fonctionne pas, les pouvoirs spéciaux ne paraissent finalement pas indispensables.

N-VA, SP.A, PS, ECOLO-Groen et même CD&V se posent désormais la question de la suite des évènements. La Belgique ne dispose toujours pas d’un véritable gouvernement fédéral, d’autant que des choix budgétaires douloureux (30 milliards € de trou causé par la pandémie !) se profilent. Il convient de songer à la phase suivante. Le Standaard de ce 28 avril pointe la responsabilité du président du MR : son comportement révèle la frivolité d’un insupportable gaffeur. Le président du MR est plus détesté en Flandre que tout membre du PS (sic). La Flandre politique, y compris au SP.A, rêve toujours d’une coalition PS-NVA, la coalition préférée de la FEB depuis le lendemain des élections et à laquelle était prêt à souscrire Paul Magnette avant de se faire dédire par les siens, à la grande colère de Bart De Wever qui se voyait déjà au 16.

Tout cela a été mis sous le tapis le temps de gérer la crise sanitaire. Cela resurgira avec l’arrivée de l’été et la pertinente question de la pérennité de Wilmès 2.

 

@PhWalkowiak

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