Avec son livre "sous la ceinture", un médecin flamand combat les idées reçues sur le sexe masculin

Joyce Azar, journaliste à la VRT
Joyce Azar, journaliste à la VRT - © Tous droits réservés

Un nouvel ouvrage scientifique a attiré l’attention de nombreux médias au nord du pays. Le livre en question parle des organes génitaux masculins, et surtout des problèmes médicaux et sexuels qui y sont liés. Un sujet qui reste encore trop tabou et qui était au coeur de la chronique de Joyce Azar, journaliste à la VRT, ce mercredi matin sur les ondes de La Première.

La Flandre compte environ 700 gynécologues pour seulement 5 andrologues reconnus. Alors que pour les femmes, cette consultation médicale, aussi désagréable soit-elle, est devenue une routine annuelle, les hommes, eux, restent très réticents à l’idée de voir un spécialiste examiner leur appareil génital. C’est justement pour inverser cette tendance que le docteur Guy T’Sjoen a rédigé le livre "Onder de gordel" (Sous la ceinture). Le directeur de la clinique pour hommes de l’hôpital universitaire de Gand part d’un constat inquiétant : 7 hommes sur 8 qui ont un problème médical à ce niveau ne vont pas consulter. Et les rares fois où ils le font, c’est accompagné de leur conjointe. La majorité du temps, il faut en outre leur tirer les vers du nez. 

Si les hommes ont tant de mal à parler des problèmes liés à leur appareil génital, c’est principalement lié à une question d’éducation, et à notre culture, quelque peu machiste, selon laquelle un homme doit être fort et viril. Difficile dans ce cadre d’admettre l’une ou l’autre faiblesse sexuelle. Pourtant, cette réticence peut s’avérer problématique. Car d’après le docteur T’Sjoen, le pénis est en quelque sorte le miroir du coeur. Un souci d’érection peut ainsi être le signe d’un problème cardiaque ou de diabète. Idem pour la stérilité, qui peut parfois cacher un cancer des testicules. 

Non, la taille ne compte pas

Autre constat posé par le médecin gantois : contrairement à ce que certains pensent, la taille ne compte pas. Elle inquiète pourtant trop de ces messieurs, que Guy T’Sjoen tente de rassurer: 14 cm, c’est la longueur moyenne d’un pénis en état d’excitation. Inutile de vouloir un exemplaire plus grand: l’intervention chirurgicale ne se pratique plus. Elle est en effet jugée trop douloureuse pour un résultat trop modeste d’à peine 2 cm supplémentaires.

Par ailleurs, lors de problèmes de fertilité, on estime trop souvent que le souci provient de la femme, alors qu’il ne l’est en fait que la moitié du temps. On a ainsi trop vite tendance à envoyer les femmes effectuer une batterie d’examens, alors que côté masculin, il suffit la plupart du temps d’un simple échantillon de spermatozoïdes pour déceler une éventuelle stérilité.

Dans son livre, l’endocrinologue évoque aussi des sujets dont on ne parle jamais, tel que le cancer du sein chez l’homme, ou encore la "pénopause", qui n’existe pas. Inutile donc de se gaver de testostérone passé un certain âge. 

Le médecin donne au passage des conseils pour garder la forme. Parmi ceux-ci : vivre sainement et garder la ligne. Car, en cas de surpoids, on risque des problèmes de stérilité, une baisse de libido ou la formation d’une poitrine.

Un autre conseil aussi : parler. Les hommes ne le font apparemment pas assez, alors qu’ils ne pourraient que mieux s’en porter… c’est un médecin qui le dit!

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