Attentat déjoué en France: un des deux suspects en lien avec des djihadistes belges

Deux hommes, soupçonnés de préparer un attentat "imminent" ont été arrêtés mardi à Marseille, à cinq jours du premier tour de l'élection présidentielle française, a déclaré Matthias Fekl, ministre de l'Intérieur.

Mahiédine Merabet (30 ans) et Clément Baur (24 ans), de nationalité française ont été interpellés ce mardi matin entre 10h et 11h, dans le troisième arrondissement de Marseille, par des hommes de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), appuyés par le RAID, dans le cadre d'une enquête pour association de malfaiteurs terroriste, ouverte à Paris.

Liens avec la Belgique

Des perquisitions ont été réalisées dans des lieux qui ont été bouclés et sécurisés. Un fusil mitrailleur, deux armes de poing et des explosifs en partie prêts à l'usage ont été trouvés lors de ces perquisitions, ainsi qu'un drapeau du groupe terroriste Etat islamique. Selon le procureur de Paris François Molins, l'un des deux suspects avait des liens avec des djihadistes belges.

Les deux hommes étaient radicalisés et "soupçonnés d'un passage à l'acte imminent, à la veille de l'élection présidentielle" a précisé le ministre de l'Intérieur, qui a rappelé que "50.000 policiers et gendarmes seraient déployés lors de chaque tour de l’élection présidentielle" alors que  "le risque terroriste reste plus élevé que jamais".

Les deux suspects Mahiédine Merabet (30 ans) et Clément Baur (24 ans) viennent des Hauts-de-France. Ils se seraient radicalisés à la prison de Sequedin, dans le Nord, où ils se sont rencontrés.

Selon une source proche des services de renseignement citée par l'Express, Merabet avait été visé par une perquisition administrative à son domicile de Roubaix à la fin de l'année 2016. Des éléments en lien avec la mouvance djihadiste avaient été découverts et l'individu faisait l'objet d'un suivi.

Ils seraient "très connus des services de renseignement" même si rien ne permet d'affirmer qu'ils sont passés par la Syrie. Leur casier judiciaire comporte plusieurs mentions pour des délits de droit commun, tels des braquages. Merabet avait ainsi été condamné à 3 ans pour trafic de stupéfiants.

Fusil-mitrailleur, munitions, et drapeau de l'Etat islamique

La DGSI aurait trouvé une photo d'un des suspects avec un drapeau de l'Etat islamique, un fusil-mitrailleur, des munitions, et la une du journal Le Monde du 16 mars avec une photo de François Fillon. Le candidat LR bénéficie d'une protection renforcée depuis vendredi.

Selon plusieurs sources, les deux auteurs étaient activement recherchés depuis jeudi. Le Journal du Dimanche indique que leur fiche de recherche, diffusée depuis par la police, précise qu’ils sont "dangereux" et "susceptibles d’utiliser une fausse identité" et stipule en cas de découverte "de procéder à leur arrestation" et "d’aviser d’urgence la direction générale de la sécurité intérieure".

 

François Fillon visé... ou Marine le Pen?

Les officiers de sécurité de François Fillon ont été avertis vendredi de "risques avérés" sur le candidat de la droite à l'élection présidentielle, a-t-on appris mardi de sources concordantes LR, après l'arrestation des deux hommes.

Le ministère de l'Intérieur "avait renforcé la sécurité à Montpellier", où le candidat tenait meeting vendredi, a-t-on précisé de même source, évoquant la présence désormais de "tireurs d'élite" et de membres du Raid lors de ses réunions publiques.

Selon ces sources, des craintes entouraient le meeting de M. Fillon à Nice lundi. Le candidat officiel de la droit serait protégé en permanence par six officiers de sécurité.

Plusieurs candidats à la présidentielle révèlent avoir été prévenus jeudi dernier d'une menace d'attentat. "Les photos ont été communiquées à mon service de sécurité dès jeudi", a indiqué la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen. "Le fait que les deux individus aient été interpellés à Marseille alors que Marine Le Pen y tient un meeting le lendemain n’est peut-être pas un hasard", a glissé son entourage.

"On nous a effectivement prévenu jeudi dernier", a confirmé au Journal du Dimanche une source dans l’entourage d’Emmanuel Macron., citée par le journal sur son site internet. "On nous a dit que les QG étaient menacés sans savoir précisément lequel, et on nous a demandé de renforcer la sécurité du notre, ce que nous avons fait."

Réaction de François Hollande, en visite au Creusot:

Sujets du 13h du mercredi 19 avril 2017

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